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Voici la liste des OS en voie de publication sur le blog de la TH YAC !

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- OS Twincest : " Touche toi. " / par KM. / sur une idée de shit-x-darling


- OS Twincest : " ... " / par Sinièn / sur une idée de didilove37


- OS Twincest : " ... " / par KM. / sur une idée de Framboise


- OS Twincest : " Peeping Tom. " / par Twinsexe / sur une idée de yaoi-TH-powa - en ligne prochainement !


- OS Twincest : " ... " / par Pignoufette / sur une idée de x-plusjamais-x-sanstoi-x


- TS Twincest : " On saute ? " / par Twinsexe / sur une idée de Alkohol-123


- OS Twincest : " ... " / par KM. / sur une idée de x-arrache-coeur-yaoi-x


- OS Twincest : " ... " / par Twinsexe / sur une idée de Didilove37


- OS Twincest : " ... " / par Shoubaa / sur une idée de Lena163


- OS Twincest : " ... " / par Vi' / sur une idée de Lena163


- OS Twincest : " ... " / par Cailin / sur une idée de x-kleiin-herz-x


- OS Twincest : " ... " / par Ailya / sur une idée de Lena163


- OS Twincest : " ... " / par Cailin / sur une idée de Cam


- OS Twincest : " Concerto pour piano n°23, Mozart. " / par KM / sur une idée de Lizzie - en ligne prochainement !


- OS Twincest : " ... " / par Yuliie / sur une idée de on-devait-se-detester


- OS Twincest : " ... " / par KM / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Shoubaa / sur une idée de Cha


- OS Twincest : " ... " / par Cailin / sur une idée de Tagadaa-pouet-pouet


- OS Twincest : " ... " / par Shoubaa / sur une idée de X-Val3nt-iii-n3-X


- OS Twincest : " ... " / par KM / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Liliwood / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Choup' / sur une idée de Miliie-yaoi


- OS Twincest : " Bars across their feeling " / par Ju. / sur une idée de Entre-copine-et-jumeaux


- OS Twincest : " ... " / par MiLkA / sur une idée de Didilove37


- OS Twincest : " ... " / par KillS / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Choup' / sur une idée de Gus'


- OS Twincest : " ... " / par Yuliie / sur une idée de gemeinsam-yaoi


- OS Twincest : " ... " / par KM / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Twinsexe / sur une idée de Yuliie


- OS Twincest : " ... " / par Choup' / sur une idée de vive-th-fic3


- OS Twincest : " ... " / par Pops / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Rose / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Twinsexe / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Althéa / sur une idée de x-amour-celebrite-yaoi


- OS Twincest : " ... " / par Pops / sur une idée de Lena163


- OS Twincest : " ... " / par Choup' / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Yuliie / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par KM / sur une idée de Roseberries


- OS Twincest : " ... " / par MiLkA / sur une idée de Roxaiie


- OS Twincest : " ... " / par Caro / sur une idée de Just-a-dream3


- OS Twincest : " ... " / par Shoubaa / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Lana / sur une idée de Twinsexe


- OS Twincest : " ... " / par Sinien / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Vi' / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Shoubaa / sur une idée de Regard-Lugubre


- OS Twincest : " ... " / par Caro / sur une idée de Ellis02


- OS Twincest : " ... " / par Ju. / sur une idée de Miliie-yaoi


- OS Twincest : " ... " / par Twinsexe / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Cailin / sur une idée de Snickers-Sweet


- OS Twincest : " ... " / par Cailin / sur une idée de Luge-traum-wirklichkeit


- OS Twincest : " ... " / par Yuliie / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par KM / sur une idée de Twinsexe


- OS Twincest : " ... " / par Fallen / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Caro / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Laloumine / sur une idée de x-amour-celebrite-yaoi


- OS Twincest : " ... " / par Gus' / sur une idée de Machin


- OS Twincest : " ... " / par Laloumine / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " Prince of tennis " / par Liliwood / sur une idée de Lizzie - en ligne prochainement !


- OS Twincest : " ... " / par Laloumine / sur une idée de Miliie-yaoi


- OS Twincest : " ... " / par MiLkA / sur une idée de Lizzie


- OS Twincest : " ... " / par Lana&Twinsexe / sur une idée de Choup'


- OS Twincest : " ... " / par Liliwood / sur une idée de Didilove37


- OS Twincest : " ... " / par Lana / sur une idée de Twinsexe


- OS Twincest : " ... " / par Pignoufette / sur une idée de Hachiko


- OS Twincest : " ... " / par Ju. / sur une idée de x-vies-paralleles-x


- OS Twincest : " ... " / par Laloumine / sur une idée de Twinsexe

- OS Twincest : " ... " / par Pops / sur une idée de Twinsexe


- OS Twincest : " ... " / par Choup' / sur une idée de yaoi-th-powa


- OS Twincest : " ... " / par Althéa / sur une idée de yaoi-th-powa



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- OS Autres Couples : " ... " / par Yuliie / sur une idée de galadriel


- OS Autres Couples : " Bête et rebelle. " / par Sinièn / sur une idée de c½ur-en-travaux


- OS Autres Couples : " ... " / par Sinièn / sur une idée de Marjorie


- OS Autres Couples : " ... " / par Pops / sur une idée de Coeur-en-travaux


- OS Autres Couples : " ... " / par KillS / sur une idée de Kaulitz-vs-love-vs-tief


- OS Autres Couples : " Figure Me Out " / par Yuliie / sur une idée de no-shame-x - en ligne prochainement !





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# Posté le samedi 16 mai 2009 09:23

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 10:12

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Voici la liste des OS publiés sur le blog de la TH YAC !

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- OS Twincest : " J'obtiens toujours ce que je veux." / par KM. / sur une idée de didilove37 - en ligne !


- TS Twincest : " Je suis un têtu. " / par Sinièn. / sur une idée de didilove37 - en ligne !


- OS Twincest : " House without ware. " / par Sinièn / sur une idée de x-verloren-x - en ligne !


- OS Twincest : " Choix Involontaire. " / par Vi' / sur une idée de auclaian - en ligne !


- OS Twincest : " On vole en anagramme " / par Ailya / sur une idée de fic-mich-demons-twins - en ligne !


- OS Twincest : " Wird alles gut. " / par Yuliie / sur une idée de Abey - en ligne !


- OS Twincest : " L'étroitesse de leurs corps. " / par Sinièn / sur une idée de AiiiMER-Rend-Aveugl3 - en ligne !


- OS Twincest : " Et ne nous soumet pas à la Tentation. " / par Gus' / sur une idée de souvenir-de-peur - en ligne !


- OS Twincest : " It's A Wonderful Life. " / par Cailin / sur une idée de Nana - en ligne !


- OS Twincest : " Destins Croisés. " / par Pignoufette / sur une idée de Stella - en ligne !


- TS Twincest : " Maman. " / par Gus' / sur une idée de killing-yaoi - en ligne !


- OS Twincest : " Vis pour Moi. " / par Twinsexe / sur une idée de coeur-en-travaux - en ligne !


- TS Twincest : " Die Vergangenheit Vergessen. " / par KM. / sur une idée de Twinsexe - en ligne !


- TS Twincest : " American Boy. " / par Yuliie / sur une idée de Stella - en ligne !


- OS Twincest : " Maths intensifs. " / par Liliwood / sur une idée de Alice - en ligne !


- OS Twincest : " Wie ein dem anderen. " / par Sinièn / sur une idée de Tounzig - en ligne !


- OS Twincest : " Souvenirs d'Eux. " / par Ailya / sur une idée de lena163 - en ligne !


- OS Twincest : " Love Obsession : You're mine. " / par Liliwood / sur une idée de Lizzie - en ligne !


- OS Twincest : " A jamais à nous. " / par Fallen / sur une idée de Lizzie - en ligne !


- OS Twincest : " Driving. " / par Yuliie / sur une idée de meine-bruder-Kaulitz - en ligne !


- OS Twincest : " Le trottoir d'en face. " / par MiLkA / sur une idée de Eh-Tom - en ligne !


- OS Twincest : " Comme ils disent. " / par Caro / sur une idée de Stella - en ligne !


- OS Twincest : " Like a Girl. " / par Vi' / sur une idée de Gus-und-Bill - en ligne !


- OS Twincest : " Der Himmel Über Berlin. " / par Cailin / sur une idée de Nioum - en ligne !


- OS Twincest : " Jaloux d'un gamin ? Moi ? Jamais ! " / par Caro / sur une idée de xO--oX - en ligne !


- TS Twincest : " Empty was the sky before the sun woke up " / par Gus' / sur une idée de Deutsch-lehrer - en ligne !


- OS Twincest : " In the Sun. " / par Yuliie / sur une idée de Twinsexe - en ligne !


- OS Twincest : " Fragrance in der destillation " / par Sinièn / sur une idée de Lizzie - en ligne !


- OS Twincest : "Divertissement Ultime." / par Twinsexe&Lana / sur une idée de Lana Daiimon - en ligne !


- OS Twincest : " Berlin - Hamburg : The Madness. " / par MiLkA / sur une idée de Annuaire--Fiction-Th - en ligne !


- OS Twincest : " Love Usurper " / par Liliwood / sur une idée de Lizzie - en ligne !


- OS Twincest : " Another drug, all down the line Daddy " / par Choup' / sur une idée de Lizzie - en ligne !


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- OS Autres Couples : " Provocation " / par Yuliie / sur une idée de Apéricub - en ligne !


- OS Autres Couples : " Montre toi. " / par Ailya / sur une idée de musik-ist-meinem-leben - en ligne !




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# Posté le samedi 16 mai 2009 09:21

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 10:05

OS Twincest - " J'obtiens toujours ce que je veux. " / par KM.

OS Twincest - " J'obtiens toujours ce que je veux. " / par KM.
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OS Twincest

" J'obtiens toujours ce que je veux. "

Par KM..

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L'idée de didilove37 :

La mère de Bill a un nouveau copain plus jeune qu'elle ( Tom ) mais le problème c'est que Bill en tombe amoureux. Il ne se sent pas a l'aise quand il voit Tom le matin en boxer en train de prendre le petit déj (je le comprends) et ses sentiments sont de plus en plus fort...

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Bill détestait le matin. Bill détestait tous les matins.

Rageusement, il frappa du dos de la main sur son réveil qui criait dans ses oreilles depuis déjà bien dix minutes, et donna un grand coup de pied dans les draps pour les envoyer au pied de son lit. A coté de lui, une forme recroquevillée et à moitié nue protesta en gémissant.

Se redressant, Bill lui jeta un ½il. Merde, il l'avait oublié lui.

« Salut... heu... »

La forme – humaine – s'étira quelque peu et plongea ses yeux verts dans ceux, cernés, du brun.

« Yann. »
« Oh. Salut Yann. Heu... la porte est en face de toi. Je vais prendre une douche alors... à une prochaine... ? »

Et tel un félin, Bill s'extirpa de son lit, sa silhouette entièrement nue se découpant sur les murs blancs de sa chambre sous les yeux de l'amant éconduit.

Lorsqu'une vingtaine de minutes plus tard, il sortit de sa salle de bain, toute trace de Yann avait disparue. Et c'était tant mieux. Bill enfila prestement un boxer noir et un t-shirt beaucoup trop court pour lui qu'il adorait bien qu'il fut ridicule, gris et parsemé d'étoiles en strass. Il ouvrit les rideaux d'un geste de la main, et se hâta de quitter la pièce. Il avait faim.

Dans la cuisine, il se servit un jus de fruit frais et s'assit nonchalamment sur le plan de travail après avoir appuyé sur le bouton de la cafetière. Un coup d'½il à l'horloge murale lui indiqua qu'il était neuf heures passées. Encore une heure avant les cours... il adorait ce nouveau rythme d'étudiant à l'Université.

« Salut. »

Bill cessa dans un sursaut de regarder sa tasse se remplir et croisa, dans l'encadrement de la porte, un regard amusé et pétillant. Un mec absolument magnifique était là, en boxer, une cigarette à la main, un immense sourire étirant ses lèvres.

Le brun sentit ses joues rougir et sauta du plan de travail, atterrissant sur ses pieds nus dans un bruit mat. Soudain très conscient du ridicule un peu obscène de sa tenue, il se mit à tirer nerveusement sur le bas de son t-shirt, essayant de masquer son ventre découvert.

« Joli tatouage. » continua le blond en face de lui en désignant son étoile d'un signe du menton.

Bill n'en rougit que plus, et sentit ses mains trembler alors que le jeune homme se dirigeait nonchalamment vers la cafetière, se rapprochant de lui. Il fit un pas en arrière, collant ses fesses aux tiroirs du meuble derrière lui.

« Tu dois être Bill... ? »

Le blond avait dit ça en attachant ses dreads dans un élastique, ses yeux rivés sur le carrelage. Lorsqu'il les releva, il n'était plus qu'à quelques centimètres de Bill, auquel il tendit la main.

Le brun lui tendit une main tremblante : ce type, en plus d'être beau comme un Dieu, connaissait son prénom. Mais pourquoi était-il si nerveux... ? Il n'arriva qu'à hocher la tête en lui serrant la main.

« Moi c'est Tom, ravi de faire ta connaissance. Ca t'ennuie si je me fais un café ? Je reprends les cours dans une heure et je dois encore prendre une douche... »

Cette fois, Bill décida de reprendre un peu contenance, et sourit comme il pût.

« Oh non, je t'en prie je... je vais te le faire, assieds-toi. »

Une fois Tom assis, les coudes sur la table et sa cigarette allumée, Bill lui tendit un cendrier et ne put s'empêcher de le détailler du regard. Des yeux noisette comme les siens, un menton un peu carré, une bouche pulpeuse à la lèvre inférieure percée, un sourire terriblement sensuel et de longues dreads blondes.

Haussant un sourcil en déclenchant une nouvelle fois la cafetière, il décida mentalement que ce gars était sa prochaine cible, peu importe qui il pouvait bien être...

Mais d'ailleurs : qui pouvait-il bien être ?

« Je vais te sembler un peu... direct, mais tu es qui, au fait... ? » demanda-t-il à Tom en posant sa tasse de café devant lui, avant de se laisser tomber lui-même sur une chaise.

Le blond tira une longue bouffée sur sa cigarette et lui répondit avec un large sourire, la fumée s'échappant en même temps que ses mots.

« Oh oui, pardon. Je sors avec Simone. Enfin avec ta mère. »

Bill laissa tomber sur la table la tasse qu'il venait de porter à ses lèvres, le café brûlant éclaboussant son ventre et ses cuisses, l'obligeant à se relever dans un sursaut.

Tom posa rapidement sa propre tasse et, en une fraction de seconde, il saisit un torchon avec lequel il entreprit, accroupi, d'essuyer le café sur les jambes de Bill.

« Merde, ça va ? Tu aurais pu te brûler gravement ! »
« Je... »

Bill tremblait de tous ses membres malgré la chaleur atroce et la douleur lancinante. Il ne pouvait détacher ses yeux des mains de Tom posées sur ses cuisses, de la tête de Tom qui se mouvait au niveau de son bas ventre.

Il fallait qu'il quitte très, très vite cet endroit.
« Je... ça va, je vais juste passer ça sous l'eau froide... je... »

Ne prenant même pas la peine de terminer sa phrase, il fuit immédiatement le regard de Tom qui s'était relevé vers lui et sortit de la cuisine en courant.

Quelques minutes plus tard, il tentait maladroitement de calmer son érection sous l'eau glacée de la douche.



[...]



A midi, Bill quitta l'Université après une matinée qui lui avait parue terriblement plus longue que toutes les autres, l'image d'un blond au sourire ravageur imprimée sur ses rétines en toutes circonstances.

Prenant place dans le bus, il crut à nouveau le voir en regardant par la vitre, et préféra enfoncer ses écouteurs dans ses oreilles et se vider le crâne à grand coup de Green Day.

Malheureusement, la silhouette de sa mère fumant une cigarette sur les marches de leur perron lui remémora les mots de sa nouvelle lubie. Tom était le nouveau mec de Simone. Un genre de... de beau-père.

Bill frissonna et posa ses propres fesses sur une marche différente. Le vent était de la partie, soufflant dans les feuillages des arbres de leur jardin, emmêlant ses longs cheveux. Il détestait ce putain de vent.

« J'ai... j'ai 'rencontré' Tom dans la cuisine, ce matin... »

Sa mère alluma une nouvelle cigarette qu'elle lui tendit, puis en alluma une troisième, la portant à ses propres lèvres.

« Oh. Et tu en penses quoi ? »
« C'est une putain de bombe, maman. »

Simone gloussa un peu, secouant la tête.

« Ton langage, Bill... mais je trouve aussi. Une putain de bombe. »

Le silence s'installa entre eux durant quelques minutes, Simone et Bill fumant les yeux rivés sur l'horizon.

« J'arrive pas à croire que tu as ramené un mec à la maison... »

Bill avait soufflé ces mots sans même regarder sa mère, ne la voyant pas hausser les sourcils.

« Pourquoi donc... ? »
« J'en sais rien... tu... t'es ma mère. »
« Et je suis seule depuis un long moment... »
« Je sais mais j'suis sur le cul c'est... c'est plus fort que moi. »
« Dois-je te rappeler que tu ramènes un mec différent tous les week-ends... ? »

Cette fois, Bill se tourna vers Simone, lui faisant les gros yeux.

« Hey... ne nous compare pas. »
« Pourquoi... ? Tu n'as pas le monopole des nuits agitées, Bill... »
« Mais je suis le seul ici à avoir vingt ans... alors c'est différent. »
« Non... »

Bill lui lança un regard interrogateur, et elle lui fit un petit sourire coupable.

« Tom aussi a vingt ans. Je crois même qu'il va à la même Université que toi. »

Bouche bée, le brun laissa tomber sa cigarette à demi fumée sur le sol.

« D'ailleurs il ne devrait plus tarder, on déjeune dehors... tu veux venir ? Vous pourriez faire connaissance... »
« Je... »

Mais Bill n'eut pas le temps de répondre, sa mère se levait déjà en voyant une énorme Cadillac Escalade s'arrêter le long du trottoir. Tom en sortit, vêtu d'un large baggy délavé et d'un t-shirt qui aurait pu lui servir de robe, ses dreads attachées et tenues par un bandeau blanc.

Bill déglutit en le voyant s'approcher de sa mère dans l'allée, posant une main sur sa taille avant de l'embrasser chastement. Il croisa son regard par dessus l'épaule de Simone, et Tom lui sourit.

Le brun ne put s'empêcher de se retourner, se dirigeant vers la porte d'entrée, mais immédiatement une voix l'en dissuada.

« Tu viens avec nous... ? »

Une main se posa sur son épaule et la serra légèrement, l'obligeant à se retourner pour faire face au blond, qui levait un sourcil interrogateur et ne cessait de lui sourire.

« Je ne... »

Bill aperçut sa mère grimpant déjà dans la grosse voiture, et tenta tant bien que mal d'éviter le troublant regard du blond.

« Je ne veux pas tenir la chandelle... »
« Hey. On sait se tenir en public. Je serais vraiment heureux de faire ta connaissance, tu sais... »
« Non... écoute je... je vais rester ici ok... ? On aura l'occasion de se connaître plus tard mais là, je serais mal à l'aise si je viens... »

Tom lâcha son épaule et lui sembla vraiment déçu, même si Bill n'aurait su s'expliquer pourquoi. Il regarda bientôt la Cadillac s'éloigner, sa mère à son bord, les poings serrés.

Merde. Ce mec lui faisait décidément beaucoup trop d'effet pour rester son beau-père... Mais il l'était, malgré tout, pour l'instant, et peut-être pour un petit moment.

Bill réalisa qu'il ferait mieux de se tenir et de sympathiser avec ce nouvel élément du foyer... De rage, il envoya son poing dans la porte d'entrée.

En pincer pour le nouveau mec de sa mère était définitivement la pire idée de l'année.



[...]



Le lendemain matin, Bill enfonça si profondément sa tête sous l'oreiller qu'il entendit à peine les quelques coups frappés à sa porte.

Un coup d'½il à son réveil lui indiqua qu'il était à peine neuf heures, et que les cours ne commenceraient qu'une heure et demi plus tard... Le brun hésita longuement, mais sa curiosité l'emporta. Il se demandait ce que sa mère pouvait bien lui vouloir à une heure pareille.

En boxer, il ouvrit doucement la porte, et lorsqu'il cessa de se frotter les yeux avec son doudou – une petite peluche en forme de vache – il put discerner le sourire démesuré d'un Tom à peu près dans la même tenue que lui.

« Salut, Bill. »

Le brun, les yeux écarquillés, jeta prestement la petite peluche sur le lit derrière lui et chercha des yeux un t-shirt pour se couvrir. Mais Tom le paralysa en posant à nouveau une main sur son épaule.

« Je te réveille... ? J'suis désolé. J'voulais juste... »

Bill regarda Tom baisser les yeux, le blond semblant trouver un soudain intérêt dans l'observation méticuleuse du parquet. Nerveux, le brun, commença à se triturer les doigts, jusqu'à ce que le blond trouve à nouveau son regard.

« En fait je voudrais simplement t'emmener à la fac en voiture... Je sais qu'on est dans le même amphi, je t'ai vu hier. J'osais pas venir t'emmerder, et je suis sorti trop tard, tu étais déjà dans le bus... »

Incrédule, Bill écoutait le blond lui révéler qu'il n'avait pas rêvé, qu'il était bien celui qu'il avait vu à travers la vitre du bus.

« Enfin bref, aujourd'hui je t'emmène ok... ? »

Tom serrait à nouveau son épaule entre ses doigts, un sourcil levé, mordillant son piercing comme s'il était nerveux à l'idée de la réponse du brun.

« Je... »
« S'il te plaît...? »
« Ok ... » souffla Bill.

Et le sourire du blond lorsqu'il se détourna de lui finit de le convaincre que c'était vraiment une très mauvaise idée.



[...]



Cette Cadillac était vraiment énorme, et Bill ne s'était jamais senti aussi peu à l'aise. Près de lui, Tom n'avait qu'une seule main sur le volant, son bras gauche à l'extérieur, appuyé sur la vitre conducteur entièrement baissée.

Bill essayait de trouver son regard à travers les larges lunettes de soleil du blond, mais celui-ci semblait particulièrement concentré sur la route.

Après de longues minutes, le brun s'autorisa finalement à poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« Tom... » souffla-t-il, obligeant l'interpellé à le regarder du coin de l'½il, « pourquoi tu fais ça... ? »
« Quoi donc ? »
« M'emmener. »
« Parce que c'est totalement ridicule de te laisser aller à la fac en bus quand je vais strictement au même endroit en bagnole... »
« Oh. »

Sans savoir pourquoi, Bill fut un peu déçu.

« Et puis... je sais pas. On a le même âge et on devrait être amené à se voir souvent... alors j'aimerais qu'on s'entende bien, toi et moi... Ca t'ennuie... ? »

Tom lui faisait à présent face, la voiture étant arrêtée à un feu. Son sourire, à la fois si sincère et si sûr de lui, acheva de faire fondre Bill. Ce mec avait un charme incroyable, un truc en plus. Mais Bill préféra cesser d'y penser et rendit son sourire au blond.

« Non, bien sûr. Tu as raison... »
« Merci. »
« Ben... je t'en prie... Et puis ta caisse, c'est autre chose que le bus, j'avoue... » avoua Bill en rougissant, faisant éclater Tom de rire.
« Ouais, c'est indéniable. »



[...]



La semaine passa très vite, Tom emmenant chaque matin Bill à l'Université. Dans l'amphi, dès le premier jour, le blond s'était assis près de lui, Bill ayant répondu positivement à son interrogation muette en tapant du plat de la main sur le siège à côté du sien.

Depuis, les deux garçons ne s'étaient plus quittés, et chaque soir en rentrant du travail, Simone les trouvait dans la chambre de Bill en train de s'esclaffer, de réviser ou encore de jouer de la musique, Bill fredonnant des mélodies qu'elle ne connaissait pas sur les accords assurés de Tom sur sa guitare acoustique.

Alors Tom adressait un sourire désolé à son fils et quittait la chambre pour la rejoindre, passant la soirée à ses côtés sur le canapé du salon. Seulement elle avait remarqué qu'il était de moins en moins tactile, et qu'il refusait de plus en plus souvent de passer la nuit avec elle.

Le jeudi soir de la semaine suivante, aux alentours de minuit, Bill sentit son ventre gargouiller de telle façon qu'il s'autorisa à descendre dans la cuisine, chose qu'il ne faisait jamais.

Sur son chemin, il jeta un regard distrait dans le salon, s'attendant à trouver Tom et sa mère enlacés sur le sofa, son c½ur se serrant d'avance.

Mais dans la pénombre, devant le téléviseur, il ne distingua que la silhouette de Simone. A pas de loup, il s'approcha.

« Tom... est couché... ? » demanda-t-il en chuchotant, faisant sursauter sa mère qui n'avait pas perçu sa présence.
« Non, il est parti. »

Bill se laissa tomber aux côtés de sa mère dans le canapé.

« Ah bon ? Vous vous êtes disputés ? »
« Non, pas du tout... je ne sais pas pourquoi. Ca fait plusieurs jours qu'il refuse de rester pour la nuit... Enfin en même temps, c'est pas vraiment sérieux... Entre nous. »

Bill fronça les sourcils, étonnés. Alors ces derniers jours Tom n'avait pas dormi là... ? Pourtant il l'avait trouvé fumant sur le perron chaque matin, à l'heure de partir pour l'Université... Est-ce qu'il... est-ce qu'il venait le chercher exprès... ?

« Pourquoi, il t'a dit quelque chose... ? »

Le brun mit une longue minute à réagir, ses pensées obsédées par de nombreuses questions.

« Heu non, rien du tout. On ne parle pas tant que ça... »
« Bill... ne me prends pas pour une idiote. Je suis heureuse que vous vous entendiez bien. »
« Je... ah. »
« Aller va te coucher, tu as cours tôt demain matin. »
« Oui... bonne nuit, Maman. »
« Bonne nuit mon c½ur. »

Après un crochet par le frigo, le brun rejoignit son lit dans lequel il s'étala de tout son long, fixant le plafond pendant plusieurs heures avant de s'endormir.

Ces deux dernières semaines auprès de Tom avaient été si douces, si simples, si naturelles. Bill réalisa qu'ils avaient partagé presque chaque minute de leurs journées, jusqu'au moment où sa mère, chaque soir, était rentrée, arrachant le blond au regard désabusé de son fils.

La fac, les soirées, les trajets, tous ces moments il les avait passé à rire en compagnie de Tom, et bien qu'il se le soit interdit, Bill n'avait pas pu s'empêcher de s'attacher au blond. Secrètement, il commençait même à espérer que cela puisse durer entre lui et sa mère, car l'idée de ne plus le voir lui semblait insupportable.

Tom... était quelqu'un de si attirant. Ca en devenait insupportable.

Bill eut du mal à trouver le sommeil, partagé entre son désir de se rapprocher de Tom et sa peur de tout gâcher.

Le lendemain matin, à huit heures pétantes, Bill trouva le blond assis sur les marches du perron, sa cigarette à la bouche, ses lunettes de soleil bien en place.



[...]



La semaine qui suivit fut une véritable torture pour Bill. Après ce vendredi là, il avait remarqué que Tom n'était plus resté dormir une seule fois, mais il n'avait rien osé lui demander.

Les journées se succédaient et se ressemblaient, lui et Tom passant le plus de temps possible ensemble, Bill ne pouvant s'empêcher de vivre chaque instant auprès du blond malgré cette attirance qui le rongeait et qui, il le savait, prenait peu à peu la forme de sentiments. Récemment, Tom avait demandé son numéro de portable à Bill, qui en avait profité pour prendre le sien.

Mais aucun des deux ne s'en était servi jusque là.

Un jour de la semaine, en fin d'après midi, la Cadillac s'arrêta devant chez Bill, mais Tom laissa le moteur tourner. Le brun le dévisagea longuement : Tom regardait devant lui, loin au-delà du pare-brise, sans bouger. Alors qu'il allait descendre, Bill referma la portière et l'imita, se renfonçant dans son siège.

« Tom... tu ne descends pas ? »

Chacun regardait un point imaginaire à l'horizon, pourtant Bill pouvait sentir la tension qui émanait du blond.

« Non, Bill... Je vais rentrer chez moi maintenant, d'accord... ? »
« Pourquoi... ? »
« Je préfère. Mais on se voit demain, tu veux... ? »
« Je ... bien sûr qu'on se voit demain... je veux dire... En cours. »
« Oui. »
« Ok. »

Le brun osa enfin poser son regard sur Tom, dont la mâchoire crispée et les mains serrées sur le volant faisaient peine à voir.

« Tu me dirais si tu ne voulais plus me voir, pas vrai... ? » demanda Bill avec une toute petite voix.

Tom se tourna enfin vers lui, mais ses lunettes de soleil empêchèrent Bill de trouver son regard.

Dans un long soupir, le blond lui répondit :

« Bien sûr Bill... mais... ne t'en fais pas, ça n'a rien à voir... ok ? »
« Oui... Bon alors... » Bill ouvrit à nouveau sa portière, « à demain... ? »
« A demain. »
« Oui... »

Et le brun descendit dans l'allée, entendant plus qu'il ne vit la voiture s'éloigner dans la rue.

Quelques heures plus tard, allongé sur le ventre, en boxer sur son lit parmi une dizaine de feuilles de cours éparpillées sur les draps, Bill battait l'air avec ses jambes en fredonnant un air qu'il avait composé avec Tom, lorsque sa mère pénétra dans sa chambre.

« Tu veux manger, Bill... ? »
« Hn... non merci, j'ai grignoté comme un demeuré toute la soirée en révisant, je peux plus rien avaler... »
« D'accord. »

Mais Simone ne quitta pas la pièce. Au contraire, elle s'approcha à pas feutrés et vint s'asseoir au pied du lit de son fils, qui lui jeta un coup d'½il pardessus son épaule.

« C'est fini. »

La voix de Simone était claire, ne tremblait pas. Bill ne détacha pas les yeux de ses cours, ayant trop peur d'avoir compris.

« Quoi donc... ? »
« Tom et moi. »
« Oh. Je... je suis désolé. »
« Je me doute... »

Bill ne sachant pas quoi répondre, il osa timidement interroger sa mère.

« C'est... c'est lui qui... ? »
« Non c'est moi... »
« Pourquoi... ? »

Simone soupira, prenant sa tête dans ses mains.

« Vous voir tous les deux, aller à la fac, en revenir, discuter... j'ai simplement réalisé qu'il était bien trop jeune pour moi, tu comprends... ? »

Pendant une seconde, Bill avait eu peur... mais peur de quoi ? A présent, une grande tristesse s'emparait de lui, son c½ur se serrant douloureusement dans sa poitrine.

Tom n'avait plus aucune raison de passer du temps chez lui.

« Enfin peu importe, ce n'était vraiment rien de sérieux, après tout... et ça valait ce que ça valait. » conclut Simone sur un ton faussement enjoué qui manqua faire s'étouffer Bill.

Sa mère quitta finalement la chambre en lui disant qu'elle préparerait tout de même une salade, mais il n'y prêta pas attention, obnubilé par les quelques larmes qu'il voyait s'écraser sur la feuille devant lui.

Pourtant, il savait qu'il reverrait Tom chaque jour à la fac, du moins il l'espérait... Mais son comportement, dans la voiture... peut-être... peut-être Tom ne verrait-il plus de raison de passer du temps avec lui... ?

A cette idée, le brun laissa échapper un long gémissement plaintif et balaya toutes les feuilles de son lit avant d'éteindre sa lampe de chevet et de se rouler en boule sous ses draps.

Un bruit assourdissant le tira bien vite de sa torpeur, son cellulaire vibrant sur sa table de nuit comme si sa vie en dépendait.

Bill le saisit et l'approcha de son visage, discernant les lettres digitales dans l'obscurité sur le petit écran rétro éclairé. C'était un message de Tom.

'Désolé pour ce soir, j'espère que ça va. Je suppose que tu sais, à l'heure qu'il est, et je sais qu'on va moins se voir... Alors, je sais pas vraiment quoi te dire. Fais attention à toi, ok ? Bonne nuit, Bill.'

N'osant pas répondre, le brun s'interrogea longuement sur le sens du message et en conclut que Tom était tout simplement en train de lui dire au revoir... Pourtant, ayant trop besoin de sommeil, il se rassura en se disant qu'il pourrait toujours voir ce qu'il en était le lendemain, à l'Université...



[...]



La peine que Bill avait ressenti au matin en ne trouvant personne sur le perron était indescriptible, mais elle n'était rien comparée à celle qui l'avait envahi lorsqu'il avait remarqué l'absence de Tom dans l'amphi, quelques heures plus tard.

Lorsque la fin des cours arriva aux alentours de midi, le brun était ravagé par une tonne de sentiments contradictoires, oscillant entre la colère contre le blond, la colère contre lui-même, la tristesse, et un autre tas de choses qu'il n'arrivait pas à discerner.

Ses pas incertains le menèrent à l'extérieur, où une voix bien connue l'extirpa de ses réflexions.

« Hey... Bill ! »

Levant lentement les yeux, il vit se dessiner dans son champs de vision la Cadillac, garée sur le parking de l'Université, avec à son bord l'individu qui occupait ses pensées depuis la nuit précédente.

Le brun hésita et s'approcha finalement, le visage fermé.

« Salut. »
« Ouh... je vois. »

L'air triste, Tom sortit de la voiture et tendit une cigarette à Bill, qui fuyait systématiquement son regard, pour une fois découvert.

« Tu es fâché ? »

Bill sentit une fois de plus cette main puissante sur son épaule, et ne put que faire face à Tom, qui plongea immédiatement ses yeux dans les siens.

« Non je... » hésita le brun, « je m'inquiétais, je crois... »
« Y fallait pas. J'aurais voulu te prévenir mais... mais ce matin, je suis passé chez toi un peu plus tard et j'ai discuté avec Simone, enfin... avec ta mère... On avait quelques trucs à mettre au clair, tu vois... ? »
« Je suppose. »

Un long frisson parcourut la colonne vertébrale de Bill lorsque cette même main relâcha la pression qu'elle exerçait sur son épaule pour venir se poser, pour la première fois, sur sa hanche, attirant le brun au plus près, jusqu'à le serrer contre lui.

« Arrête de bouder, s'il te plaît... »

Contre le corps chaud de Tom, Bill tressaillit, sentant une certaine partie de son propre corps s'éveiller à ce contact. Il se maudit mentalement, réalisant qu'il n'avait plus eu aucun rapport depuis qu'il avait rencontré Tom... constat qui le conforta dans son impression : il en pinçait vraiment pour lui...

« D'accord. » souffla-t-il rapidement, cherchant à tout prix à rompre tout contact physique.

Et sous les yeux étonnés de Tom, il fit le tour de la Cadillac et monta à son bord, s'asseyant nerveusement sur le siège passager.

Un sourire amusé sur les lèvres, le blond monta à son tour dans le véhicule qu'il démarra, avant de glisser un CD dans l'autoradio.

« Et on va où comme ça, Bill Kaulitz... ? »
« Heu... je... »

Bill rougissait à vue d'½il.

« Tu veux que je te ramène... ? » interrogea Tom, sceptique.
« N... Non. » osa Bill, à peine conscient de ce qu'il voulait ou non.
« Alors... »

Tom monta un peu le son et posa ses lunettes noires sur son nez, mordillant son piercing dans un geste que Bill ne put s'empêcher de trouver sensuel.

« Alors je t'emmène chez moi, pour une fois... »



[...]



L'appartement de Tom n'était pas très grand, mais largement suffisant pour y vivre agréablement, songea Bill en y pénétrant pour la première fois. Sous ses yeux s'étirait une large baie vitrée, découpée dans le mur du petit salon, qui laissait voir les toits berlinois.

La porte d'entrée claqua derrière lui alors que Tom entrait à sa suite, jetant les clés sur une petite console.

« Rien d'exceptionnel. » souffla-t-il en s'engouffrant dans une pièce que Bill devina être la chambre, ouvrant la fenêtre qui s'y trouvait.
« J'aime beaucoup. » répondit le brun en avançant, un peu hésitant, dans la petite entrée.

Tom se glissa prestement derrière lui, laissant glisser au passage sa main d'une de ses épaules à l'autre, pour pénétrer dans une autre pièce, une petite cuisine aux murs carrelés.

Une fois toutes les fenêtres ouvertes, il se planta devant Bill, qui avait cessé de bouger.

« Tu viens... ? »
« Est-ce que je peux poser mes chaussures... ? »
« Heu... bien sûr. »

Bill s'assit en tailleur à même le sol pour quitter ses énormes DocMarteens noires, et, se délectant du contact lisse du parquet sous ses pieds, rejoignit le blond qui s'était déjà installé dans son canapé, une cigarette allumée entre ses lèvres.

« Je la fume et je te sers quelque chose à boire... »
« Je... merci. »

Bill accepta la cigarette que lui tendit Tom, et regroupa ses jambes sous lui, se penchant pour l'allumer sur la flamme du briquet du blond.

Durant quelques minutes, un lourd silence envahit la pièce, les yeux de Bill se perdant dans la contemplation de chaque petit objet de l'appartement, ceux de Tom se perdant dans la contemplation de Bill.

« Tu m'en veux ? »

Bill sursauta.

« De... hein ? »
« Tu m'en veux, pas vrai ? »
« De quoi ? »
« J'en sais rien... de ne pas être venu te chercher ce matin... ? »

Les joues du brun s'empourprèrent, et soudain, le coquillage qui trônait sur la télé lui sembla être la 8ème Merveille du Monde.

« Non, bien sûr que non, je veux dire... tu n'es pas obligé de venir tous les matins tu sais... ? »
« Je sais. »

Le c½ur de Bill se serra une fois de plus. Pourquoi avait-il autant l'impression d'être une petite nature timorée dès lors que Tom se trouvait dans les parages ?

« Peut-être de ne pas être venu à la fac ce matin alors... c'est ça ? »

Cette fois, Bill posa sa cigarette sur le bord du cendrier disposé sur la table basse, et croisa ses mains devant lui, essayant d'avoir l'air sérieux.

« Ecoute, je ne t'en veux pas, pour rien du tout... Je m'inquiétais juste un peu je... je me disais que peut-être que votre rupture à toi et Ma... Simone te perturbait et... »

Tom se mit à sourire de telle façon que Bill eut l'impression qu'il se moquait de lui.

« J'ai dit une connerie... ? »
« La rupture avec ta mère me perturbe seulement parce que je n'avais pas prévu que ça se passe comme ça. »
« Oh... enfin ça ne me regarde pas... »
« Enfin, si tu ne m'en veux pas, alors c'est parfait. Mais j'ai du mal à comprendre pourquoi tu avais l'air si... j'en sais rien, fâché. »
« Je ne le suis pas. »
« Tant mieux. »

Et Tom écrasa sa cigarette avant de disparaître dans la cuisine, laissant Bill seul avec ce foutrement sublime coquillage.

« Tu bois quoi ? » lui demanda le blond depuis l'autre pièce.
« La même chose que toi. »

Lorsque Tom revint avec deux bières, le brun écarquilla les yeux.

« Il est pas quelque chose comme 13h... ?! »
« Heu... probable, pourquoi... ? »

Bill se contenta de saisir la canette qui lui était destinée.



[...]



De longues heures plus tard, alors que la nuit était tombée depuis bien longtemps, Bill était allongé sur le tapis du salon, au milieu d'une demi douzaine de canettes identiques, souriant au plafond tandis qu'un air de guitare flottait dans la pièce.

Tom, en tailleur sur le canapé, son acoustique sur les genoux, le regardait rêveusement sans cesser de jouer.

« J'aime vraiment t'écouter jouer... » murmura Bill dans l'obscurité de la pièce tout juste éclairée par les lumières de la ville à l'extérieur.
« Pas autant que ce que j'aime t'écouter rire ou chanter. »

Sur son tapis, Bill rougit en espérant que Tom ne pouvait pas le voir.

« Tu m'en joues une dernière.... ? »
« Tu vas partir... ? »

Tom posa sa guitare près de lui sur le sofa, et en descendit pour rejoindre le brun à quatre pattes et s'allonger près de lui.

« C'est que... il est tard et... »
« Je devrais te ramener. »

En disant cela, Tom avait glissé sa main le long de son propre corps, jusqu'à effleurer les doigts de Bill qu'il serra entre les siens.

« Tu peux passer la nuit ici, tu sais. »

Bill ne put retenir un frisson.

« Je... »
« On a pas cours demain matin, et on pourra y aller en voiture l'après midi... »
« C'est... »
« Je te laisse mon lit et je prends le canapé, ok ? »

Tom s'était redressé sur un coude et était penché au-dessus de lui, son visage tout près du sien.

« D'accord... » souffla Bill.

Une demi heure plus tard, Tom sortait de la douche, une serviette autour des hanches, tandis que Bill s'asseyait sur le lit que le blond lui avait destiné, dans sa chambre.

« Fais comme chez toi d'accord... ? »
« Oui... tu es sûr que tu ne veux pas que ce soit moi qui... »
« Non, pour la douzième fois, je prends le canapé ok ? »
« Ok... »

Et Bill, nageant dans une des robes t-shirt de Tom, s'étendit sur les draps propres.

« Bonne nuit, Bill... » murmura Tom à son oreille avant de déposer un baiser sur sa joue.

Le rythme cardiaque du brun accéléra d'une façon incroyable, et voulut bondir hors de sa poitrine lorsque la lumière de la chambre s'éteignit.

« Je laisse la porte ouverte, appelle si tu veux quelque chose. »

Ce fut les derniers mots que Tom prononça avant que Bill ne l'entende se rouler en boule dans une couette qu'il avait étendue sur le sofa.

Le sommeil ne vint pas, et au bout d'une heure entière, Bill, prit de tremblements, saisit son cellulaire.

Quelques minutes plus tard, il entendit vibrer celui de Tom dans le salon, et un bruissement de couette lui donna des sueurs froides. Méthodiquement, il relut une vingtaine de fois le message qu'il venait d'envoyer.

'J'arrive pas à dormir... est-ce que tu pourrais venir... s'il te plaît ?'

« Tu me fais une petite place... ? »

La silhouette de Tom se découpait dans l'encadrement de la porte.

Bill se hâta de fourrer son cellulaire sous son oreiller, et se décala dans le lit, se plaquant contre le mur pour laisser tout loisir au blond de s'installer près de lui.

Tom s'allongea sur le flanc, face à Bill, et le brun crut voir ses yeux briller dans la pénombre.

« J'arrivais pas à dormir non plus... »
« Oh... pourquoi... ? »
« Trop bu, trop froid, trop inconfortable, trop de choses en tête. Toi ? »
« Trop... heu... seul. »
« C'est vrai que tu n'as pas ta petite vache... »

Bille prit un air outré et le rire cristallin de Tom flotta dans l'air quelques secondes avant qu'il n'ajoute :

« Tu ne peux plus te passer de moi, hein... ? »

Bill écrasa un coussin sur le visage de Tom.

« Ne dis pas n'importe quoi ! »

Tom écarta l'oreiller qu'il jeta au sol et saisit les deux mains de Bill, qu'il posa sur son ventre en se rapprochant. Le brun eut un long frisson en sentant les muscles abdominaux dessinés sous ses doigts fins, et son c½ur faillit s'arrêter lorsque Tom entoura sa taille de son bras.

« Je ne dis pas n'importe quoi. »
« Si. »
Peut-être que j'ai inversé les sujet, alors. »
« Quoi... ? »
« Peut-être que c'est moi qui ne peux plus me passer de toi. »

Le c½ur de Bill manqua un battement. La voix de Tom était si posée, son ton si sérieux... il ne comprenait plus.

« Comment ça... ? »

Mais Tom, plutôt que de répondre, l'attira encore un peu plus contre lui, et bientôt, Bill respirait dans son cou, ou du moins tentait de respirer.

« Je sais pas. Enfin merde, je crois bien que je te dois une explication. »

Bill avait tellement de mal à penser de façon cohérente que cette affirmation lui parut toute naturelle. Lentement, il remonta ses mains sur le torse nu de Tom, et trembla lorsqu'il sentit la main du blond se glisser sous son t-shirt et caresser le bas de son dos.

« Je t'ai repéré à la fac dès le début de l'année. Tu avais un truc attirant... et ça me gonflait. Parce que tu es tellement pas le genre de personne qui m'attire, j'veux dire... »
« Comment ça ? » souffla Bill, incrédule.
« T'es un mec. »
« Oh, ça. »

Le silence régna les quelques minutes suivantes, mais bientôt Tom reprit.

« Quand tu es passé il y a un mois déposer ton dossier de bourse... avec ta mère... »

Bill essaya vainement de se rappeler de ce moment là, mais les mouvements circulaires de la main de Tom sur ses reins l'en empêchaient étrangement.

« Tu es rentré dans le bureau, lui a donné les papiers, et tu t'es tiré aussitôt... Elle est resté pour toi. On attendait sur des sièges, elle... j'en sais rien. Je me suis mis à lui parler. De toi. »

Essayant de se concentrer sur les paroles du blond plutôt que sur la main qui remontait langoureusement entre ses omoplates, Bill se crispa légèrement en attendant la suite.

« Et on a discuté, discuté... puis elle m'a invitée à aller boire un café... j'y suis allée. Pour apprendre à te connaître toi. C'était une erreur, le café s'est transformé en verre et... »

Contre lui, Bill sentit Tom soupirer. D'une petite pression de la main sur sa clavicule, il l'encouragea à terminer sa phrase.

« Le lendemain matin, je t'ai trouvé assis sur le plan de travail de ta cuisine. Je ne savais plus vraiment quoi faire, c'était fait et... tu étais là et... »

Pris d'un soudain élan de... il ne savait pas lui même de quoi, Bill déposa le bout de ses lèvres, humides, sur le peau qui se présentait à lui, dans le cou de Tom, qui tressaillit et redescendit sa main le long de la colonne vertébrale du brun, appuyant à nouveau sur le bas de ses reins.

« Je me suis simplement dit qu'au final, c'était un moyen comme un autre de me... rapprocher de toi... »

A ces mots, il serra si fort Bill contre lui que le brun ne put que gémir, presque plaintivement.

« Tom je... »
« Chut, ça va... je me fous de la suite Bill, je veux juste... je voudrais pas qu'on arrête de se voir, tu comprends... »
« Moi non plus. »

Tom se détacha un peu de Bill, s'écartant suffisamment pour le regarder droit dans les yeux.

« J'avais peur que... peur que tu ne vois plus de raison de me parler... comme vous étiez séparés et... »

Comme au ralenti, Tom approcha ses lèvres si près de celle de Bill que le brun put sentir les mots qui suivirent soufflés sur son visage.

« Au fond, tu sais, c'est toi. Toi que je voulais. »

Et Bill sentit une langue taquine caresser sa lèvre inférieure. Les yeux écarquillés par la surprise, il entrouvrit les lèvres pour lui laisser le passage, et sursauta lorsque Tom s'écarta soudainement, dans un geste brusque.

« Merde, tu as un... tu as un putain de piercing à la langue ! »

Le souffle du blond était erratique, et Bill ne put s'empêcher de sourire.

« Je... Oui. Pourquoi.. ? Ca t'ennuie... ? »
« Gott, non... mais je sens que tu vas très vite me rendre dingue, Bill Kaulitz...au moins autant que ceux qui t'ont eu avant moi... » grinça Tom entre ses dents en se positionnant délicatement au dessus de Bill, en appui sur ses coudes.

Le brun se renfrogna à la remarque.

« Ma mère t'as dit ça... »
« Oui. Tu vas faire la même chose avec moi... ? En trouver un autre pour le week end prochain ? »

Bill rigola un peu.

« Pourquoi, c'est ce que tu veux... ? »

Tom se pencha un peu et reprit possession de ses lèvres, tendrement.

« Non. Je te veux toi, juste pour moi. »

Bill trembla de tous ses membres sous le blond, et osa poser ses mains sur le bas de son dos.

« Ah oui ? » chuchota-t-il en réalisant que son bas ventre se réveillait dangereusement.

Tom dut le sentir, car il serra légèrement les dents et enfonça son visage dans le cou du brun avant de soupirer.

« Oui. Et j'obtiens toujours ce que je veux. »



FIN.


__________

Et bien voilà.

J'inaugure le postage sur la YAC avec cet OS de 17 pages, qui j'espère vous satisfaira tous et toutes, et particulièrement didilove37 bien sûr !

J'en profite pour tous vous remercier pour votre dynamisme et votre enthousiasme qui vont vivre la YAC depuis sa naissance.

Bonne lecture et surtout, n'oubliez pas de laisser des commentaires !

Bizoux.

KM.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 18:50

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 15:41

TS Twincest - " Je suis un têtu. " / Par Sinièn.

TS Twincest - " Je suis un têtu. " / Par Sinièn.
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TS Twincest

" Je suis un têtu. "

Par Sinièn.

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L'idée de didilove37 :

Bill est facteur et viens d'être muté dans une petite ville. Une des personnes a qui il livre le courrier reçoit plein de lettre qui sente le parfum et de magasines genre Playboy. Cette personne en question (Tom) attend Bill tous les matins devant sa boite au lettre. Bien sûr Bill le trouve à son goût. ^-^ Mais un jour tout bascule, le Playboy s'est transformé en Têtu magasine, et ça perturbe Bill qui se pose plein de questions. A t-il sa chance avec ce bel étalon ?

__________

Navré pour le retard de postage, il était du à un soucis technique !
Bonne lecture !


__________

1 / 2


Un soleil jaune et chaud luisait dans le ciel bleu sans nuages depuis qu'il était levé. Pas de vent, pas un souffle pour rafraîchir les pauvres victimes de la canicule. Et pourtant il n'était que huit heures du matin.

Un jeune homme essuya d'un revers de main la sueur perlant sur son front. Il n'était vraiment pas habitué à cette chaleur. Un soupir vint briser le silence des ruelles, soupir d'épuisement. Mais la journée commençait juste et le travail avec. Dire qu'il allait devoir passer toute la matinée au soleil. Mais qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter d'être muté dans ce petit village du sud. Sa tranquillité ? Son charme ? La nature ? Il ne savait plus trop. Et il regrettait un peu son ancienne ville pleine de béton et de pollution, à l'air froid et étouffant.

Essoufflé par la montée de la rue principale, il posa un pied à terre et s'appuya contre un mur, à l'ombre. Son vélo coincé entre les jambes, tenant maladroitement, il réfléchit à une solution. Il faudrait vraiment qu'il fasse un détour par chez lui. Lunettes de soleil et bouteille d'eau devenaient indispensables.

Un coup sonné, une cloche qui résonne contre les murs, il allait être en retard pour son premier jour. Un grognement s'échappa de sa gorge alors qu'il remontait sur son vélo et pédalait en direction de la poste.

Enfin arrivé devant le bâtiment, il rangea son moyen de transport rudimentaire et se hâta de se présenter à l'administration. Mais lorsque son regard ne croisa que deux employés en train de siroter un thé glacé, il ne sut que faire. Un peu hésitant il s'avança vers eux et osa leur parler.

« Euh ... Bonjour. Je suis le nouveau facteur et ... »|
« Ah Bill !! Tu dois être Bill !! »


Il acquiesça et serra la main que la jeune femme blonde lui tendait.

« Alors moi je suis Ilse et voici Blaise. »
« Enchanté »
, lui répondit l'homme d'une cinquantaine d'année.
« Euh ... et où est le directeur ? »
« Ben c'est moi ! »
Reprit Ilse.

Bill écarquilla les yeux. Elle était jeune, à peine plus vielle que lui, vingt-cinq ans peut-être, et déjà responsable. Il n'en revenait pas. Aussitôt il se rendit compte de sa familiarité avec son supérieur et retira sa main de la sienne.

« Je ... Pardon madame. » s'excusa t'il.

Blaise et Ilse éclatèrent de rire en tapant du poing sur la table.

« Ma ... ma ... mada ... me !! Il ... t'a appelée ... ma ...dada ... me !! »
« La ferme Blaise ! »
« Oui ... madame. »


En face d'eux, le nouveau ne savait pas quoi faire. Apparemment il venait de dire une connerie.

« Aller, assied toi, lui proposa Ilse en lui montrant une chaise. »

Il s'exécuta, stoïque, droit.

« Eh dé-stresse petit. Elle va pas te bouffer la patronne. »

Bill esquissa un faible sourire. Pour lui c'était nouveau. La ville d'où il venait était grande et les employés n'avaient pas le droit à l'erreur. Etre à l'heure, tenue impeccable et travailler, travailler, travailler. Pas le temps de faire connaissance avec les autres. Et au moindre faux pas, sanction.

« Alala ces gars de la ville, tendus comme pas possible. Ici, sache que l'on ne se prend pas la tête. On fait notre boulot mais tu sais c'est un village. On connaît tout le monde et puis la vie est plus tranquille. Regarde comment t'es serré dans tes habits. »
« Mais je les aime bien mes habits madame... »
chuchota Bill.
« Ilse, appelle moi Ilse. Ici on se tutoie et on s'appelle par les prénoms. Aller, Blaise va lui chercher un verre. Le pauvre transpire comme un veau. Il va pas arriver à faire sa tournée dans cet état. »

L'homme se leva et revint quelques minutes après avec un verre qu'il remplit de thé. Bill s'empressa de le boire, ayant un grand besoin de s'hydrater.

Les deux anciens commencèrent à parler avec leur nouveau collègue, faisant doucement connaissance. Bill était un garçon de vingt-et-un ans, célibataire, qui s'était retrouvé à la poste un peu par hasard. Mais ce métier lui plaisait assez. Après un an de travail dans une grande ville, il avait vu ce poste, dans le sud et s'était proposé. Car il lui manquait quelque chose ; le contact avec les gens. Et puis ce village semblait agréable à y vivre ... si on omettait la chaleur.

Bill apprit également qu'il y avait un autre employé, Iane, qui était actuellement en vacances.

Neuf heures sonnèrent et Blaise se leva. Il alla ouvrir la porte vitrée de la poste et se mit derrière son guichet. Ilse montra alors à Bill le courrier à distribuer et elle lui donna un plan du village avec un itinéraire.

« Comme ça tu te perdras pas. Après tu feras ton tour comme tu veux. »
« C'est quoi qui sent comme ça ? »
« A ça c'est ton courrier ! »
Se mit à rire la jeune femme.
« Mon courrier ? Tu veux dire les lettres que je vais distribuer ? »
« Oui. Tu verras bien ce que c'est. Je te laisse la surprise. Aller file. »
« Oui madame ! »
Cria t'il en partant en courant sous les protestations d'Ilse qui n'aimait pas qu'on l'appelle comme ça.

Il mit son courrier dans les sacoches et monta sur son vélo, un sourire victorieux sur le visage. Finalement, il allait se plaire ici.

Mais avant de commencer sa tournée, direction chez lui pour mettre la tenue adéquate à ce temps. Arrivé, il courut jusque dans sa chambre, se déshabilla en quatrième vitesse et enfila un t-shirt blanc très fin, presque transparent et un pantalon en toile noire. Lunettes de soleil sur le nez, bouteille à portée de main, il était fin prêt !

Bill pédalait doucement dans les petites rues du village, saluant les passants d'un signe de main, un immense sourire sur les lèvres. Tranquillement il déposait le courrier dans les boites aux lettres, se présentant et parlant un peu avec les habitants. La plus part semblaient sympathiques. Il arrivait à sa vingtième maison. Une vielle dame aux cheveux blancs attendait patiemment sa venue.

« Bonjour madame. » la salua Bill.
« Bonjour, vous êtes le nouveau facteur ? » Demanda la dame.
« Oui. Tenez, voici votre courrier aujourd'hui. »
« Merci bien mon petit. Vous venez boire une tisane ? »
« C'est très gentil à vous mais je ne pense pas que cela m'est autorisé. »
« Mais si si. L'autre le faisait. Vous pouvez venir. En plus il fait bien frais dans ma maison, ça vous fera du bien. »


Il hésita un peu et puis opta pour la proposition de la dame. Son vélo garé, il la suivit jusque dans son salon où elle lui servit une tisane à la menthe.

« Vous êtes bien jeune. Quel âge avez-vous ? »
« Vingt-et-un ans madame. »
« Oh ! Comme ma petite fille. Elle vit encore chez mon fils. Elle est très jolie vous savez. »


Elle se leva et revint avec un album photo qu'elle lui montra. Les photos de sa petite-fille, Alice, défilaient sous ses yeux. Et à chaque fois la vielle dame lui demandait si elle était jolie.
C'est vrai qu'elle n'était pas moche mais Bill s'intéressait plus à un autre style ... plus masculin.

« Euh ... vous êtes très gentille mais je dois continuer ma tournée. »

Voilà près d'un quart d'heure qu'il était bloqué et l'aiguille des secondes résonnait dans sa tête. Elle était bien gentille la madame mais si il continuait comme ça, il ne finirait pas sa tournée à temps. Et puis Alice, ou ses photos se trouveraient bien un gentil garçon. Il se leva et salua la veille femme avant de partir en vitesse de chez elle. On ne sait jamais, ce genre de personne peut vous retenir prisonnier toute une journée, repas et couché y compris.

Sa tournée continua sans encombres jusqu'à une certaine maison. Le destinataire des lettres parfumées...

Il les attrapa ainsi que la revue playboy. Il n'osait même pas regarder les horreurs se pavanant dessus. Décidément il était bien gay.

Juste devant la petite maison, un jeune homme blond, les dreads détachées, torse nu et ne portant qu'un simple pantalon en lin l'attendait, tout sourire. Arrivé devant lui, Bill ne put s'empêcher de le détailler. Des pectoraux saillants et des abdos finement dessinés. Peu poilu mais pas imberbe, juste une ligne de poils clairs partant du nombril et descendant vers une zone qu'il aurait bien aimé voir. Il cligna des yeux et reprit ses esprits. Voilà qu'il bavait sur un mec pendant ses heures de travail. Pour ne pas laisser son regard dériver, il planta ses pupilles dans celles du blond, se forçant à les fixer. Mais il n'en avait pas besoin. Ses iris marrons le captivaient aussi. Tout en essayant de contrôler son corps, il tendit le courrier au jeune homme.

« Bonjour. » le salua-t-il d'une voix qui fit fondre Bill.

Ce dernier déglutit et inspira une grande bouffée d'air. Si fort qu'il manqua de s'étrangler.

« Bonjour. » réussit il à dire.
« Vous êtes le nouveau facteur ? »

Bill bougea juste la tête de haut en bas, ne pouvant en faire plus.

« Oh mon Playboy !! » S'exclama le blond. « Ça fait une semaine que je l'attends ! »

Le facteur lui tendit son courrier. La personne en face de lui n'avait d'yeux que pour son magasine. Et Bill comprit que plus hétéro que lui il n'y avait pas.

« Au fait je m'appelle Tom Trümper. »
« Oh, Bill Kaulitz. »
« Je ... excusez moi mais vous avez quel âge ? »
« Vingt-et-un ans. »
« Oh ! Moi vingt-deux ! Avec Alice on est les trois jeunes du village maintenant. Après soit ce sont des gamins, soit des vieux. A part peut-être un ou deux qui sont encore jeunes dans leur tête et qui s'amusent... Ce soir j'organise une petite soirée, ça vous dit de venir ? Au fait vu qu'on a le même âge, on peut peut-être se tutoyer ? »
« Si vous voulez. »


Bill essayait de ne pas montrer son malaise. Pour une fois qu'il avait un beau spécimen, celui-ci était hétéro et si ça se trouve homophobe même.

« Bien ! Viens vers vingt heures. Aller, je te laisse j'ai des lettres enflammées à lire. Toutes ces filles ... enfin toi aussi tu dois savoir ce que c'est... » dit il en faisant un clin d'½il avant de disparaître derrière la porte de sa maison.

Bill retrouva son vélo, les dents serrées et une envie d'hurler. Il l'enfourcha et se mit à pédaler en direction de la prochaine maison. Il finit sa tournée, un sourire crispé sur les lèvres. Quand enfin la dernière enveloppe fut distribuée, il retourna à la poste.



[...]



Sa journée était finie depuis environ une heure et il n'arrêtait pas de repenser à Tom. Son sourire, ses yeux, son corps ... et ses lettres. Souvenir pas assez lointain, c½ur brisé, images floues de bonheur effacé d'un revers de main, d'un mot.

Son poing s'abattit violemment contre le carrelage de la salle de bain. Toujours énervé, il retourna dans son salon où il se laissa tomber dans son fauteuil.

Peut-être que c'était à cause de lui qu'il avait voulu partir aussi. De cet homme, cet imposteur, cet amour. Six mois avec, six mois de bonheur et de joie. Il pensait avoir trouvé le bon. Mais illusions de petit prince d'un conte de fée, sans méchant derrière c'est moins marrant. Un jeu, stupide jeu de l'amour. Jeu de mots, jeu de mains, et il en avait éprouvé du plaisir. Et c'est à la fin qu'il a joué au jeu du vilain. Pas lui, l'autre.

« Bill, j'ai adoré passer ces six mois avec toi mais je me suis rendu compte que je n'étais pas gay. C'était juste une passade, une expérience. Je suis hétéro, j'en suis sûr maintenant. »

Quoi de pire pour vous briser ?

Depuis ce fatidique jour, Bill n'avait plus trouvé aucun homme attirant. Rien ne lui donnait envie. Il avait été trahi. Et ce jusqu'à ce matin. Ce matin où il avait croisé un homme qu'il trouvait enfin bien ... mais évidemment hétéro.
Aurait il de la chance en amour un jour ?

Il repensa à son invitation. Devait il y aller ? Il hésitait. Mais en même temps, il arrivait dans un nouveau village et cette soirée pourrait être une bonne opportunité pour faire plus ample connaissance.
Après une heure à hésiter, pesant le pour et le contre cent fois, il se décida. Son regard se porta sur l'horloge qui indiquait dix-neuf heures.

« Arg !! Merdouille, cacatoum, postscriptoum. »

Il se mit à tirer sur son t-shirt d'une main, tandis que l'autre essayait de dégrafer son pantalon, tout en sautillant vers la salle de bain. Bien évidemment, il manqua de tomber cinq fois en trois pas. Comprenant enfin qu'il n'y arriverait pas ainsi, il opéra stratégiquement. Un, enlever le haut. Deux, retirer le bas en tirant boxer et chaussettes avec. Là il était nu. Trois, courir jusqu'à la douche et se dépêcher. Lorsqu'il sortit de sous l'eau, il était déjà dix-neuf heures trente.

Une serviette autour de la taille, il ouvrit d'un grand coup son armoire et se stoppa net. Que mettre ? La divine question d'une personne victime de la mode. Après avoir hésité, analysé chaque tenue susceptible d'être mise, il opta pour un jean noir taille basse, très simple, le moulant un peu mais pas trop au niveau des fesses et pour une chemise en satin, rouge sang. Bien évidemment les sous-vêtements avaient été, eux aussi, choisis avec minutie. Un boxer noir avec sur l'élastique son prénom et des chaussettes noires qui lui éviteraient des ampoules aux pieds car il allait mettre ses nouvelles santiags.

Du coin de l'½il il chercha l'heure rouge de son réveil. Il ne lui restait plus que dix minutes pour se coiffer et se maquiller. Un rapide coup de crayon autour de l'½il, un peu d'eyeliner et un passage au spray pour garder les cheveux tombés. Ça devrait tenir quelques heures comme ça.
Il attrapa ses clefs, enfila sa veste et sortit en vitesse dans les rues encore chaudes de la journée.

La soirée se passa relativement bien. Il fit la connaissance de la fameuse Alice qui lui avoua qu'elle avait un petit ami mais qu'il était actuellement en prison et que très peu de personnes étaient au courant. Sa patronne, Ilse, après avoir bu plusieurs verres, révéla son vrai âge, c'est-à-dire trente ans et il passa la soirée à éviter Tom. En fait il avait trop peur de ne pas savoir quoi dire face à lui. Et si les mots lui échappaient ? Et si un geste devenait ambigu ? Peur d'être différent, peur d'être rejeté. Et pour ça il avait besoin de se retrouver avec des gens neutres.
Juste avant de partir on lui annonça que demain il devrait porter une tenue vestimentaire obligatoire lors de sa tournée. Mais en voyant les sourires calculateurs d'Ilse et d'Alice, il comprit que demain serait un jour pas comme les autres.

Une fois chez lui, il se coucha immédiatement. Mais ses yeux refusaient de se fermer. Une image le hantait ; Tom. Fantôme du passé qui le hantait, hétérosexualité destructrice, son visage flottait devant lui, les traits de son précédent amour s'y mêlant.
D'un air rageur il je ta son oreiller dans le vide, dans cette illusion provoquant larmes et angoisse et se cacha sous sa couette. Il étouffait mais au moins il ne le voyait plus.
Cet homme avait brisé ses espoirs de petits garçons. La vie n'était pas toute rose et il l'avait appris il y a peu.



[...]



Ilse venait de lui demander de se déshabiller derrière la paravent, afin qu'il enfile son uniforme de la journée. Des cernes sous les yeux, la tête dans le brouillard, Bill avait oublié les sourires et regards de la veille. Ne se méfiant pas, il donna ses habits à sa supérieure alors que celle-ci lui tendit sa tenue.
Soudain ses yeux s'écarquillèrent et il hurla :

« Ilse ! Il est hors de question que je porte ça ! Rends moi mes habits. »
« Trop tard je les ai jeté. »
« Qu ... quoi !! »


Il sortit de derrière le paravent dans le plus simple appareil pour étrangler la jeune femme. Mais elle le détailla de haut en bas, un sourire moqueur sur les lèvres. C'est alors qu'il se rendit compte de sa nudité et retourna se cacher.

« Ilse, pitié. Je peux pas faire ma tournée ... là dedans. »
« C'est ça ou tout nu. Tu auras des affaires ce soir. »
« Mais euh ! »
« C'est non ! »
Trancha t'elle.

Il regarda une nouvelle fois la tenue et soupira. Décidément il n'allait pas s'ennuyer ici.

Quelques minutes plus tard, il se présenta devant Ilse et Blaise qui éclatèrent de rire. Il portait un mini-short en jean, jaune canari, une chemise très moulante de la même couleur et un béret également jaune. Une tenue très sexy en fin de compte. Ça lui rappelait des souvenirs très spéciaux, surtout quand Blaise sortit un appareil photo et captura ce moment unique.

« Aller, va faire ton boulot ... mon poussin. » rigola Ilse.

Gêné, Bill sortit lentement de la poste, espérant ne croiser personne. Pour son second jour de travail, il n'allait pas passer inaperçu. Dès que les premiers habitants le virent, le rouge lui monta aux joues et c'est avec une toute petite voix qu'il les salua, s'éclipsant rapidement. Il passait de maison en maison, pédalant rapidement, rasant les murs, essayant de se cacher sous son ridicule béret. Quand il arriva chez la grand-mère d'Alice, il remarqua immédiatement la petite table dans le jardin avec des gâteaux et une tasse.

On l'attendait. Refusant de revivre la même scène qu'hier et ce en plus dans la rue et dans cette tenue, il héla une petite fille.

« Eh petite ! »
« Oui monsieur ? »
« Tu vois la dame là-bas ? » Tu pourrais aller lui donner son courrier s'il te plait.
« Nan ! »
dit elle en lui tirant la langue.
« Pourquoi ? »
« Veux deux euros pour ça. Sinon c'est toi qui vas voir la mamie collante. »
« La mamie collante ? »
« Oui. Elle est comme ça avec tout le monde. Alors plus personne ne veut aller la voir. Moi je veux bien si j'ai mes deux euros. »
« Bon d'accord tiens. »


Il sortit la pièce de son sac et lui donna. En échange la petite apporta sagement le courrier, se faisant bien évidemment kidnapper pour manger des gâteaux et boire un jus d'orange.
Soulagé, Bill remonta sur son vélo en tirant sur son short qui remontait bien trop. Si ça continuait comme ça il allait finir les fesses à l'air.

Il venait de déposer le courrier chez le voisin de Tom et il avançait très lentement vers la maison du blond, les lettres juste devant son nez, leur odeur étouffante et encore un magasine. Cette fois ci, c'était Guts. Ce type était vraiment un fan de revues pour adulte, mais évidemment hétéros. Pas très à l'aise dans sa micro tenue, il hésita à descendre. Mais en voyant Tom l'attendre avec un grand sourire, il comprit qu'il ne pourrait y échapper. En espérant qu'il n'en voit pas trop, il posa sa bicyclette contre un poteau et prit le courrier.

« Bill ! » s'exclama le dréadé.
« Bonjour. »
« Bonjour. Eh bien s'en ai une tenue ça ! »


Tom se retenait de rire mais la malice dans ses yeux ne passa pas inaperçue.

« Coup tordu d'Alice et Ilse... » marmonna t'il.
« Oh ! Alors qu'est ce que tu as pour moi ? »
« Encore des lettres parfumées et ton Guts. »
« Super, j'ai déjà fini le Playboy. Tu l'as lu ou pas toi ? »
« Euh ... »


Il ne pouvait pas lui dire qu'il préférait lire un Têtu ou un Men.

« J'aime pas trop lire les revues. Je suis pas magasine. »
« Pourtant c'est bien. Enfin t'es peut-être plutôt DVD... »
dit il en se faisant tourner son piercing au labret.

Bill était complètement hypnotisé par ce mouvement léger mais sensuel.

« Bill ? »
« Gné ? »
« Tu repensais au dernier porno que tu as vu hein ? »
« De ... de quoi ? »
S'exclama le brun en comprenant enfin le propos de Tom. « Mais ne ... non ! »

Le blond éclata de rire et Bill rougissait de plus en plus.

« Ouai ben c'est bon ! » S'énerva t'il.

Il avait tellement peur qu'il soit homophobe.

« Calme, je disais ça pour rire. Dis au fait, je t'ai presque pas vu hier soir. Dès que j'allais vers toi tu disparaissais. Tu m'as fui ? »

Et voilà, maintenant Bill ne savait plus où se mettre. Il détestait parler cul avec un hétéro mais en plus celui-ci semblait vouloir le connaître.

« Non, c'est juste que ... j'aie voulu faire connaissance avec le plus de monde possible. »
« Ah. Parce que en fait nous on n'a pas vraiment fait connaissance. Aller, je passe ce soir chez toi. Ou demain si tu préfères. T'es peut-être pas encore totalement installé. »
« ... Non ce soir, c'est bon. »
« D'accord à ce soir. Plus ! »


Il commença à rentrer chez lui, ouvrant son courrier, alors que derrière lui Bill semblait vivre un vrai combat intérieur. Tom allait venir chez lui demain soir. Comment devait il prendre ça ? Que ferait il ... feraient ils ? Et si il découvrait tout ? Et si il demandait à voir sa collection de DVD pornos ? C'étaient tous des pornos gays, principalement de Jean-Daniel Cadinot...

« Eh Bill, j'ai oublié de dire, » le sortit Tom se ses pensées. « T'es très mignon dans cet ensemble jaune canari, il te va mieux qu'à Alice. »

Bill reprit sa tournée, ses pensées encore tournées vers un beau blond diablement sexy. Après cette rencontre une nouvelle fois incongrue, il passa sa journée à fumer clope sur clope. Besoin avide de se calmer.

Lorsqu'il fut rentré chez lui, Bill cacha soigneusement sa collection de gods, de revues et de cassettes pornos. Le drapeau de la gaypride se retrouva caché au fond de l'armoire avec ses habits spécial soirée gay. Ensuite il prit une rapide douche et s'habilla sobrement, enfin comme tous les jours. Ne sachant pas à quelle heure Tom viendrait et si il aurait mangé, il se mit aux fourneaux avec le fin espoir de faire un bon plat. Après une heure de bataille contre les casseroles, petits pois et autres, il opta pour commander une pizza.

Chose faite, il reprit une nouvelle douche après avoir nettoyé sa cuisine. Complètement épuisé, il s'affala sur son fauteuil et attendit l'arrivée du blond en regardant le journal télévisé.

C'est vers dix-neuf heures trente que l'on sonna à la porte.

« Coucou ! »
« Salut Tom, vas y rentre, fait meilleur. »


Il s'exécuta tout en donnant une bouteille de vin à Bill.

« Fallait pas. »
« Si, j'allais pas venir les mains vides. »
« Merci. Euh ... tu as mangé ? »
« Non, mais si toi oui c'est pas grave. »
« En fait j'ai commandé une pizza aux quatre fromages, qui devrait arriver dans un quart d'heure. »
« Ah ouais ici, faut commander à la ville et c'est pas tout à côté. »


Les deux garçons s'assirent dans le canapé, discutant des inconvénients et des avantages de vivre dans un village.

« Moi je suis né ici, donc pour moi c'est normal d'y vivre. Je me sens chez moi. »
« T'en as de la chance. Moi il n'y a nulle part où je me sente chez moi. »
« Tes parents ? »
« Divorcés, se parlent plus. J'ai vécu avec ma mère mais on ne s'est jamais très bien entendu. Je suis parti très jeune de chez moi. A onze ans j'ai voulu aller en internat et ... disons que j'en ai fait plusieurs, un peu partout. J'ai visité. »
« T'étais pas facile ? »
« On peut dire ça comme ça. Et puis à dix sept ans j'en ai eu marre et j'ai décidé de passer le CAP pour devenir facteur, un peu sur un coup de tête. Et voilà. Donc en fait j'ai jamais eu de réelle attache. »
« Mais et des amis ou petites amies ? »
« Largué y a peu et le reste des faux culs. »


Après ce petit passage pas très gai, la discussion s'orienta sur le boulot de Tom, c'est-à-dire éclairagiste dans un théâtre. Il aimerait bien s'y produire, jouer de la guitare mais pour l'instant il s'occupe juste des lumières.

« Tu joues de la guitare ? Moi je suis une quiche en musique. Mais ... »

Après tout il ne savait pas si c'était vrai ce qu'on lui avait dit.

« Mais ? » L'encouragea Tom.
« Il parait que je chante bien. »
« C'est vrai ! Montre. »
« Non. »
« Aller ! »
« Nan. »


Se succéda une suite de si et de non, stoppée par l'arrivée du livreur de pizza. L'estomac plein, Bill proposa de regarder un film, « Edward aux mains d'argent. »

Et comme à chaque fois que Bill le regardait, une larme silencieuse coula sur sa joue dès les premières images car il pensait déjà à la fin. A côté de lui Tom tentait de rester impassible mais le brun avait bien remarqué ses émois.
Et lorsque le film se termina, Bill s'essuya les yeux remplis de larmes.

« Tu veux boire quelque chose ? Un café ? »
« Ouais je veux bien. Serré s'il te plait Bill. »


Le jeune homme s'éclipsa dans sa cuisine où il put se remettre de ses émotions et préparer le café. Il se mit à siffloter l'air du générique, puis à le chanter doucement, la musique l'emportant sur les flots des émotions. Comme le bercement d'une mère pour son enfant, un battement de c½ur un peu plus fort que les autres, un peu plus rapide. Chute d'eau qui s'écrase sur les pierres, mouvement tumultueux, la voix se fait plus précise. Plus d'aigus, plus de graves. Justesse ne rime pas avec coffre.

« Tu chantes bien. »

Juste un murmure mais qui le fit sursauter. La cuillère dans sa main vola, fit un salto arrière et atterrit sur le sol.

« Putain tu m'as fait peur Tom ! »
« Pardon. »
« T'es con ! »
« Merci. »
dit il avec un grand sourire.

Ils éclatèrent de rire et ce n'est que quand la main de Bill se trouva mouillée qu'ils se stoppèrent pour reprendre de plus belle. Dans son hilarité, le brun n'avait pas surveillé la tasse qui se remplissait et qui bien sûr avait débordé.

Tom resta encore deux heures de plus où ils continuèrent à parler de choses et d'autres, leur complicité naissante s'agrandissant. En à peine une soirée, les deux hommes étaient devenus amis. Et Bill trouva alors que son déménagement était une réussite, d'autant plus que le reste de la semaine se déroula relativement bien.

Chaque jour, en arrivant à la maison de la mamie collante, il donnait deux euros à la petite fille qui était ravie de rendre ce service au facteur, désormais habillé décemment. Puis, arrivé chez Tom il se reposait un peu, discutant avec lui sur le devant de sa maison. Leur amitié prenait forme, doucement, et plus les jours passaient et plus ils se dévoilaient. Mais Bill gardait néanmoins une part de lui secrète. Il avait appris que le blond était actuellement en congé, et ce pour un mois. Ils allaient donc en profiter.

« T'as quelque chose de prévu ce week-end ? »
« Bah non. Je pensais finir de vider mes cartons. Pourquoi ? »
« Ça te dit de venir faire un camping avec quelques potes à moi. »
« Euh ... »


Arriverait-il à garder son secret pour lui durant quarante-huit heures ?

« Te plait, te plait, te plait, te plait, te plait, te plait.. » le supplia Tom.
« C'est que ... »
« Pitiéééééééé ! »


Juste en face de lui le blond venait de tomber à genoux, les mains en prière, un regard de chient battu braqué sur lui.
Mais cette position lui donnait d'autres idées, absolument pas catholiques.
Alors pour éviter d'avoir une jolie érection juste sous les yeux de son nouvel ami, il accepta.



[...]


« Anna amène ton cul ici !! »

Tom venait de crier pour appeler une de ses amies qui n'avançait plus. Rousse, un mètre soixante, assez fine mais avec de belles formes, si Bill n'avait pas été gay il l'aurait trouvé bandante. Mais la seule personne qui l'était dans le groupe était Tom. Lorsque le matin il avait rencontré les amis de Tom, il avait vite compris qu'il ne se reposerait pas durant ce week-end.

Il y avait Alice, qu'il appréciait énormément, Gustav et Georg, deux garçons très blagueurs, Anna et Tom. Ils étaient enfin arrivés au lieu dit, près d'une petite rivière, dans un champ de fleurs des champs. C'était un paradis sur terre.

« Anna !! » Hurlèrent cette fois Gus et Georg.

La jeune fille se décida enfin à accélérer le pas. Quand elle arriva devant eux, elle s'écroula de tout son long.

« Mon sac est trop lourd... » geint elle.
« Pas plus que moi. » répliqua Alice.
»« Et nianiania. »

Une bagarre de chatouilles débuta entre les deux filles et bientôt les six jeunes se retrouvèrent à se courser les uns après les autres, finissant par faire un big-mac sur Georg. Avec ses cheveux longs remplis d'herbes, il pouvait faire un remake de la petite maison de la prairie sans soucis.

Une fois reposés, ils montèrent les tentes. Une pour les deux filles, une pour Gus et Georg et une autre pour Tom et Bill. Bien sûr, ce dernier était enchanté de pouvoir dormir avec son ami mais il avait également peur de faire ou dire des choses qui le trahirait. Surtout qu'ils étaient devenus de très bons amis en peu de temps.


Voilà près de deux heures qu'ils regardaient les étoiles, pendant que Tom jouait de la guitare. Bill savait qu'il en jouait mais il n'avait pas encore eu le plaisir de l'écouter. Et il tombait encore plus sous son charme ainsi. Il n'avait plus qu'une envie : que ces doigts habiles se posent sur son corps.

Un énorme bâillement brisa la douce mélodie. Gustav s'étirait et d'un commun accord avec Georg, il se leva et souhaita bonne nuit à tout le monde. Vu que Bill commençait lui aussi à s'endormir, il fit de même.

Son duvet à moitié posé sur lui, ses jambes nues découvertes, ses bras serrant une peluche imaginaire qu'il n'avait pas osé emmener, le brun somnolait. Les sons que jouait Tom le berçaient mais il refusait de s'endormir complètement, voulant encore écouter la mélodie. Et puis plus rien, il avait arrêté. Il soupira et resserra sa prise contre lui. La fermeture éclair s'ouvrit et une forme entra doucement dans la tente. Tom le rejoignait.

« Bill ? Bill ? »

Le brun sursauta et s'assit d'un seul coup.

« A ... Alice ? »

Mais que faisait elle dans sa tente ?

« Euh ... Il a fallu ... enfin Tom et Anna vont dormir ensemble finalement. Tu vois. »

Bien sûr qu'il voyait. Il se les imaginait bien même. Nus, s'embrassant et faisant l'amour. Un haut le c½ur le prit et il se cacha sous sa couette. Il savait qu'il aimait les femmes. Mais il ne pensait pas devoir vivre ça, être non loin de lui, alors qu'il était en train de faire l'amour à une femme.

Etrangement, le lendemain matin Tom était de mauvaise humeur. Il criait après tout le monde et faisait connerie sur connerie. Les cinq autres s'interrogeaient. Ils ne comprenaient pas sa réaction. A un moment, Tom préféra s'éloigner du groupe. Alice en profita pour aller lui parler. Quand elle revint deux heures plus tard, un sourire mystérieux ornait ses lèvres. Elle fit un petit clin d'½il à Bill et s'assit sur les cuisses de Gustav.

« Merde t'as le cul trempé Alice ! Dégage de sur moi !! »

Elle mit ses bras autour de son cou pour s'accrocher, tout en riant. Georg, grand sauveur dans l'âme, attrapa une bouteille d'eau et arrosa la jeune fille. Mais évidemment Gus fut aussi mouillé ainsi qu'Anna qui riposta. C'est alors qu'une bataille d'eau éclata.


2 / 2



Lorsque Bill arriva au bureau ce lundi matin, une forte odeur lui fouetta le visage. Il plaqua une main sur son visage et avança vers Ilse qui essayait d'ouvrir une fenêtre. D'un grand coup sec elle y arriva et elle jeta sa tête à l'air libre. Apparemment elle étouffait. Bill la rejoint rapidement, ne supportant plus cette horrible odeur.

« Oh salut Bill. Ça va ? »
« A part que j'ai failli vomir, oui. »
« Désolé, c'est le courrier de Tom. Il y a au moins trente lettres et avec une énorme enveloppe. Je sais pas comment fait ce mec pour avoir autant de courrier. »
« Moi non plus. Mais va falloir demander à ces demoiselles d'arrêter de parfumer leurs lettres. »


Toutes les fenêtres étaient ouvertes et finalement la forte odeur accumulée durant deux jours s'évapora un peu, rendant l'air à peu prêt respirable. Ilse était afférée dans son bureau et Bill triait son courrier pour sa tournée. Maintenant il passait chez Tom en dernier. Il avait ainsi plus de temps pour lui parler.

La porte menant aux bureaux s'ouvrit sur une femme d'une quarantaine d'année, habillée dans un magnifique tailleur beige, les cheveux châtains coiffés en chignon.

« Euh ... Bonjour Madame. Vous êtes dans les bureaux là et la poste n'est pas encore ouverte. »
« Toi tu es Bill »
, dit elle en le pointant du doigt.
« Euh oui. Mais ... »
« Iane. J'étais en congés là. »
« Ia ... Iane ? »
Bégaya t'il en serrant la main tendue. « Je croyais que vous étiez un homme. »
« Oui je sais, mon prénom fait garçon. Mais je suis bien une femme. »


Après ce petit incident, Bill entama sa tournée. Lorsqu'il arriva à l'angle de la rue de la grand-mère d'Alice, la petite fille, Danisse, l'attendait.

« Bon, on fait un marché. Je te donne vingt euros par mois et en échange tu donnes le courrier à la mamie. »
« Vraiment ? »
« Oui. »
« D'accord !! Donne le courrier Billy canari. »


Ah, ça c'est sur que ça resterait longtemps dans les mémoires.

Il continua sa route, distribuant les lettres tranquillement. Et enfin il arriva vers treize heures chez Tom. Comme toujours, ce dernier l'attendait gentiment devant sa porte, un sourire aux lèvres. Les bras un peu chargés, il s'avança vers lui et le salua.

« T'en as beaucoup aujourd'hui Don Juan. Et en plus figure toi que ça a empesté la poste. »
« Désolé. Je vais demander à ce qu'elles ne mettent plus de parfum si tu veux. »
« Tu me diras un jour ce que c'est ? »
« Bill, c'est un secret. J'ai mes fans c'est tout. »


Lui aussi il avait eu ses fans.

« Oh et puis il y a cette enveloppe. Elle est super lourde. Tu sais ce qu'il y a dedans ? »
« Le courrier de John !! Déjà ? C'est ... euh ... des magasines que l'on trouve qu'à la capitale. J'ai demandé à ce qu'il m'en envoie quelques unes ... pour voir. »
« C'est quoi comme revues ? »
« Oh tu connais pas. Out, E.m@le et Illico. »


Le regard de Bill voyagea de Tom à l'enveloppe et vice-versa plusieurs fois. Il parlait bien de la revue E.m@le, distribuée le jeudi dans la capitale, de Out, qui contient tellement de pub que l'on cherche les articles, et de Illico, distribué tous les quinze jours ? Ses doigts n'arrivaient pas à lâcher le paquet.

Finalement il ancra ses iris dans celle de son ami et chercha un indice, n'importe quoi. Mais la seule chose qu'il vu, fut une rougeur sur ses joues. Il donna son courrier à Tom et voulu partir, mais ses jambes refusaient de bouger.
Lui, hétéro, lisant des revues cochonnes, abonné à Playboy et Guts. Lui qui a couché avec Anna il y a deux jours, reçoit des magasines gays !?

« T'es tout blanc Bill. »
« Je ... me sens pas bien »
, marmonna le brun avant de se sentir tomber, ses paupières se fermant d'elles même.

Il sentit deux bras le retenir et le soulever doucement. Il était bien là, vraiment.

Quand il reprit enfin connaissance, il reconnu rapidement le salon de Tom, à quelques détails près. Il se releva pour s'asseoir et trouva Tom, assis sur un pouf, le fixant avec anxiété.
Il lui sourit pour le rassurer.

« Je crois que t'as eu un coup de chaud. »
« Euh ouai ... p'têtre. »
« Tiens, t'as un verre d'eau pour toi. »
« Merci. »


Il le but et se calla dans le canapé, son regard n'arrêtant pas de vagabonder d'une étagère à une autre.

« Dis, t'as changé des trucs. Il manque des objets. Ton cendrier avec les seins est où ? Et ton buste de femme et le verre porno ? »
« Ça me saoulait de les voir. Je les ai rangé dans un carton. »
« Ah ... Bon je vais rentrer chez moi me reposer un peu. »


Après plusieurs protestations de Tom, le brun put enfin rentrer chez lui et se reposer.

Pourquoi s'était il évanoui ? La chaleur ? Ou le fait que Tom reçoive des magasines gays ? Ou peut-être les deux ? Ou alors c'était la vision d'un certain blond débauché et gay ... Enfin, c'était bien trop pour sa pauvre petite tête.

Quand il reprit le travail à quatorze heures trente, l'évènement de fin de matinée le hantait toujours. A peine avait-il commencé à trier le courrier à envoyer que Tom apparut par l'embrasure de la porte de service, un regard inquiet. Il dût le rassurer et lui montrer qu'il allait très bien pendant un bon quart d'heure avant que le blond ne soit enfin calmé.

Une autre semaine se passa dans une routine plaisante. Bill se levait le matin vers sept heures pour arriver entre huit et huit heures trente au bureau de poste. Ilse n'était pas trop stricte pour les horaires tant que ça ne devenait pas n'importe quoi.

Ensuite il saluait tout le monde. Durant cette semaine, il apprit à connaître Iane, l'autre personne qui tenait le guichet. Et plus les jours passaient et plus il se sentait à l'aise parmi tout ce petit monde.

Enfin, il commençait sa tournée tranquillement, évitant toujours la mamie collante. Et puis en dernier, Tom. Toujours ses éternelles discussions devant sa boite aux lettres, les pieds sur les pavés, le regard sur lui, le détaillant le plus discrètement possible. Des sujets simples, parfois puérils mais tellement légers. Histoire de se détendre et d'en apprendre un peu plus sur l'autre en fait.

Il ne se prenait pas la tête et avait presque oublié le courrier de ce John. Par contre les lettres parfumées ne cessaient pas du tout. Mais les odeurs étaient devenues plus boisées, moins fruitées. Enfin, il aimait bien ces moments là, un rituel instauré entre eux qu'il attendait avec impatience chaque jour. Et si il avait un peu de retard Tom le boudait gentiment. Jeux d'enfants parfois, yeux d'enfants, mots d'enfants, mais c½ur de grand.

Le week-end arriva et Bill en profita pour visiter la ville et certains lieux qui l'attiraient. Tom avait voulu l'accompagner mais Bill avait refusé. Aller au musée gay, dans les bars gay et en boite gay ... enfin c'était un hétéro. Et il ne savait toujours pas pour les orientations sexuelles du brun.

La seule personne à le savoir était Alice. Elle était arrivée chez Bill à l'improviste alors qu'il regardait un film porno. Dur de cacher sa sexualité après ça. Mais la jeune femme lui avait expliqué qu'elle avait des doutes de toute façon. Le secret serait bien gardé avec elle.

Et c'est ce soir là, en boite, lorsqu'il croisa un blond aux cheveux longs, qu'il le baisa, sans sentiments, dans une ruelle sombre, tout en pensant à un autre blond, bien plus beau mais inaccessible.



[...]



Boire, fumer et sniffer un dimanche soir n'était pas la meilleure chose à faire. Un mal de tête le prit et il pesta contre les sept petits nains en culotte courte lorsque son portable sonna. Il tâtonna et trouva enfin l'objet maudit.

« Allo ? » Marmonna t'il.
« Bill, il est huit heures et demie !! Tu fous quoi ? »
« Merde ! Pardon Ilse j'ai pas entendu mon réveil. Je me grouille, j'arrive. »


Il raccrocha et se força à se lever. D'un pas malhabile il avança jusque dans sa salle de bain où il prit une bonne douche pour se réveiller. Au passage, il avala un cachet contre les douleurs. Parce qu'il n'y avait pas qu'à la tête qu'il avait mal. Ses hanches et ses jambes aussi. Il n'y était vraiment pas allé de main morte la veille.

Quand il arriva enfin à la poste, pas maquillé, d'énormes cernes sous les yeux, les cheveux à moitié lisses et à moitié en pétard, ses habits mis à l'arrache, Iane cria. Sur le coup elle ne l'avait pas reconnu et avait pris peur, tellement il faisait ... peur.

« Merci pour l'accueil Iane », marmonna t'il en passant devant elle, traînant les pieds.

Quand l'odeur des lettres lui arriva au nez, une nausée le prit et il maudit une fois de plus ces filles. D'un geste mou il attrapa le courrier et le mit dans les sacoches. Mais il n'était tellement pas bien qu'il en fit tomber la moitié par terre.

D'une main rageuse, il attrapa les enveloppes par terre et reclassa son courrier. C'est alors qu'il remarqua une nouvelle revue pour Tom. Mais combien en recevait il par mois ? Il prêta un peu plus attention à l'enveloppe et surtout à ce qu'elle laissait deviner. Le titre, quatre lettres et très bien connues par Bill. T.Ê.T.U.

Il la fixa, ne comprenant plus rien. Après les magasines gays de la capitale, voilà qu'il recevait un Têtu. Mais en plus ce n'était pas le jour de livraison du magasine. Y étant abonné, Bill le savait très bien. Alors ça ne pouvait être qu'un ancien numéro.

« Bill, grouille t'es à la bourre !!! » Cria Ilse de son bureau.

Il sursauta et se hâta de commencer sa tournée. Par chance, l'air plus frais de ce matin le réveilla doucement et les douleurs disparaissaient rapidement. Un peu pressé, il passait rapidement d'une maison à une autre, ne s'arrêtant pas vraiment pour parler avec les gens. Il pédalait avec force, ses muscles étant mis à rude épreuve. Si après ça il n'était pas musclé, c'est qu'il avait un problème.

Quand enfin il arriva à la dernière maison avec un quart d'heure de retard, essoufflé, il faillit s'écrouler sur le trottoir. Il descendit de son vélo, un peu sonné et prit le courrier qu'il tendit à Tom.

« Bill ? Putain qu'est ce qui t'es arrivé. T'es en retard. T'es ... enfin c'est pas ton look ça. On dirait que tu sors de la rue. »
« Merci »
, grogna le brun.
« Alors ? »
« Pas entendu ... le réveil qui sonnait »
, reprit il son souffle.
« Oh ! T'as fait la fête hier soir ? »
« Euh ... ouais, on peut dire ça. »
« Elle était bonne j'espère. »
« Qui ? »
« Ben celle que t'as baisée. »
« Ah l'autre ! Ouais ça va. Connu mieux mais ça va. C'était un bon coup. »
« En tout cas ça fait bizarre de te voir sans maquillage et pas trop coiffé. »
« M'en parle pas, la honte !! »


Il s'approcha un peu plus de Tom et posa sa tête contre son épaule. Il était bien, là. Un corps pour se reposer, un corps d'homme sentant le musc, un corps agréable à voir et à toucher.

Il soupira et ferma les yeux. Plus jamais il ne ferait de tournée de cette manière. Une main un peu tremblante se posa sur son dos et remonta sur sa nuque pour la masser. Et en plus il avait des mains de génie !!

« Dis au fait », chuchota-t-il dans le cou du blond. « Pourquoi tu as un Têtu dans ton courrier ? Et un ancien en plus. »

Aussitôt la main sur lui se crispa. Bill se releva un peu, une nouvelle étincelle dans ses iris. Il sourit et haussa un sourcil en signe d'interrogation. En face de lui, le dréadé était rouge. La tête un peu baissée, sa langue jouant nerveusement avec son piercing au labret, il était irrésistible.

« Alors ? »
« Eh bien ... je ... j'osais pas t'en parler mais ... je crois que je suis bi. »
« Bi ? Ça existe pas !! Soit t'es homo, soit hétéro. »
« Ecoute Bill. Pour moi c'est tout nouveau. Alors peut-être que je vais virer de bord mais pour l'instant je suis entre deux d'accord !! »
S'énerva t'il.
« Gentil Tom, gentil », ironisa le brun.
« Je ... tu ne me détestes pas ? »
« Pourquoi ? Je me moque de ta sexualité. »


Même si il pensait tout le contraire et jubilait intérieurement.

« Amis ? » Demanda Tom.
« Amis », répondit l'autre en le serrant dans ses bras.

Ce n'était pas la première fois qu'ils s'enlaçaient ainsi, mais aujourd'hui, il y avait une autre note, un léger battement différent dans le coeur de Bill. De l'espoir ?

Ce soir là, quand il rentra chez lui, il se jeta sur son téléphone et appela son meilleur ami pour lui annoncer la nouvelle. Maintenant il savait qu'il était peut-être bi, ou en tout cas que Tom se cherchait. Mais cette fois, il ne tomberait pas dans le même piège.

Le lendemain, c'est avec un paquet sous le bras, une enveloppe blanche bien remplie, qu'il se rendit à son travail. Sifflant gaiement, il salua tout le monde et fit même la bise. Il était joyeux, très joyeux. Et lui seul savait pourquoi. Bien sûr Blaise vint lui demander d'où lui venait cet entrain, surtout comparé à la veille. Mais il garda son secret bien au chaud. Petite joie du matin, air guilleret, tout débutait ce matin.

Et c'est avec la même humeur qu'il démarra sa tournée. Il était tellement heureux qu'il apporta lui-même le courrier à la grand-mère d'Alice. Mais il refusa quand même son invitation. Puis il reprit son tour, pédalant lentement. Arrivé à l'avant dernière maison, après avoir un peu parlé avec le propriétaire, il s'arrêta.

D'une main habile il déboutonna sa chemise, tira un peu sur son pantalon. On pouvait voir l'élastique de son boxer et son tatouage, une étoile à l'aine. Il s'arma de son plus beau sourire et chevaucha son vélo, prenant une pose un peu sexy, tout en pédalant très doucement.

Rapidement il vit Tom, qui le fixa dès qu'il le vit. Quand il arriva devant chez lui, il posa un pied à terre et le salua. Puis il descendit et fit en sorte de bien montrer ses fesses. Des gouttes de sueur perlaient sur son front et de temps en temps, une taquine venait glisser sur son torse dénudé.

« Eh bien ... tu as l'air en meilleure forme qu'hier. »
« Oui. J'ai bien récupéré. Et puis hier j'ai appris une bonne nouvelle alors ça m'a remit un coup de fouet. »
« Quoi ? »


Bill se pencha un peu, frôlant la peau du cou de Tom et lui chuchota :

« C'est un secret. »

Quand il revint à sa position initiale, le blond avait les joues rouges et le dévisageait.

« Sinon tu vas bien ? » Questionna le brun, comme si rien ne s'était passé.
« Euh ... eh bien oui. »
« Tiens voilà ton courrier. Pas de grosses enveloppes aujourd'hui ? Ça fait bizarre. »
« Ben je ne reçois pas des revues tous les jours non plus. »
« Oh ! Mais attend. Si tu en as une. Enveloppe blanche et sans adresse en plus. Heureusement que je sais que c'est pour toi. »


Il tira de derrière son dos ladite enveloppe et lui tendit.

« Cadeau. »
« Merci. C'est quoi ? »


Tom allait pour l'ouvrir mais Bill l'en empêcha.

« Chez toi ce sera mieux. »
« Euh ... d'accord. »
« Bon je vais te laisser, je dois aller manger avec Alice à midi, elle m'invite. »
« D'accord. Merci pour ça. »
« De rien. »


Bill se rapprocha de lui et colla son torse au sien. Sa bouche tout près de son oreille, il souffla légèrement dessus et murmura d'une voix douce et aguicheuse :

« Tu sais, je suis un têtu aussi. »

Et il partit sans laisser le temps à Tom de répliquer. Tout s'était passé sur des roulettes, comme prévu.



[...]



Le lendemain matin, c'est encore avec soin qu'il choisit sa tenue. Un débardeur en soie rouge, moulant ses petits abdos et son ventre plat et un pantacourt beige avec un serpent noir remontant le long de sa jambe gauche, la tête gueule ouverte arrivant au niveau de l'entrejambe. Des baskets noires, très sobres et ses colliers et bracelets préférés complétaient le tout.

Il se regarda une dernière fois dans son miroir, ajusta une mèche de cheveux et se décida enfin à partir.

Courrier dans les sacoches, vélo entre les jambes, les pieds sur les pédales, il avança à toute vitesse dans les rues du village. Petite modification dans le trajet aujourd'hui. Le dernier devenait exceptionnellement premier.

Bien évidemment, quand il arriva devant chez Tom, ce dernier n'était pas là. Il sonna, attendit, re-sonna et enfin une tête blonde toute décoiffée et pas réveillée lui ouvrit.

« Moui », marmonna Tom.
« Bonjour Tom !! Comment tu vas ? »
« Bi ... Bibi ... Bill !!? »


Tom écarquilla les yeux, enfin bien réveillé.

« Qu'est ce tu fais là ? »
« Eh bien je t'apporte ton courrier. »
« Mais d'habitude ... »
« Il fallait absolument que je te vois. Tu comprends j'ai envie de savoir si tu as vu mon cadeau et si ça t'a plu évidemment. Alors ? »


Tom bailla, montrant toute sa splendeur au réveil.

« Tu sais que je me suis couché y a tout juste cinq heures. J'ai pas fini ma nuit moi. »
« Mais mon cadeau. »
« Ton cad ... Euh ben ... je ... je ne m'attendais pas ... enfin je pensais et tu n'as jamais. C'était ... »
« D'accord ! Bon je vais travailler. A plus Tom. »


Il retourna à son vélo et monta dessus. Tom se tenait toujours à sa porte, détaillant Bill sous tous les angles.

« Et n'oublies pas que je suis têtu !! » Cria le brun avant de partir faire sa tournée.

Il n'avait rien compris des paroles de Tom mais l'effet escompté était là.

Il s'avérait que Bill avait posé pour le magasine il y avait environ huit mois de ça. Beaucoup de photos, très dénudées. Un boxer au minimum, certes, mais très moulant. Et puis les poses étaient très lascives, voire aguicheuses. Tout pour faire baver. Ce mois ci, il avait acheté plus de cinq fois le magasine.

Demain était jour férié, donc pas de courrier. Une fête était organisée au village, jeux traditionnels dans l'après-midi et bal costumé le soir. C'était la parfaite occasion pour Bill.

Le matin il partit en ville, allant faire un peu de shopping. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait et en fut très heureux. Quelques chemises et deux pantalons, plus des bijoux. Il en profita pour acheter un des éléments essentiels de son costume du soir.

Lorsqu'il rentra chez lui, il était presque treize heures et il avait raté le début de la fête. De toute façon pour faire un bon effet de surprise il ne devait pas révéler son déguisement avant le bal. C'est donc habillé normalement qu'il s'y rendit.

Dès qu'il arriva, Alice se jeta sur lui et lui demanda de venir à son stand pour servir de cobaye. Assis sur une petite planche au dessus d'un bassin d'eau, les habitants essayaient avec une balle de taper au centre de la cible qui ferait tomber le brun dans l'eau. Quelques uns essayèrent mais aucun ne réussi. Certains faisaient même exprès de rater leur lancé, ne voulant pas mettre le jeune homme à l'eau.

Bill s'ennuyait un peu mais lorsque Tom arriva, un sourire naquit sur ses lèvres. Il l'appela et après quelques supplications, le blond accepta de jouer.

Il attrapa la balle et tira. Malheureusement il rata. Mais il recommença et au bout de la quatrième fois il y arriva enfin. Bill chuta et se retrouva mouillé de la tête aux pieds. Quand il sortit du bassin, son t-shirt noir lui collait à la peau, le moulant parfaitement, dans les moindres détails et son pantalon blanc était devenu transparent, laissant voir ses jambes fuselées. Il sourit malicieusement au dréadé et se pencha vers lui.

« Bien joué », lui murmura-t-il.

Lorsqu'il se recula, très lentement, il déposa un furtif baiser sur la mâchoire de Tom qui frissonna.

« Désolé pour le pantalon blanc, qu'on voit tout... C'était pas prévu que je finisse à l'eau », chuchota-t-il.

Il se retourna et remonta d'une manière très sensuelle sur sa planche, croisant les jambes et attendant.
Devant lui, Tom le dévisageait et essayait de camoufler la rougeur de ses joues.
Ce soir allait être un vrai régal.

Le bal commençant à vingt et une heure, Bill s'éclipsa une heure avant pour aller se préparer chez lui. Il prit une bonne douche et commença à se préparer. Tube de teinture dans une main, serviette dans l'autre, c'était parti.

Une demi-heure plus tard il avait les cheveux rouge pétard. Coloration éphémère, juste pour ce soir, pour s'amuser. Ensuite il se rendit dans sa chambre et il ouvrit son armoire. Un pan en particulier l'intéressait. Celui des tenues affriolantes, vêtements pour des soirées à thèmes dans les boites.

Il en sortit un t-shirt noir, manches longues et le bas qui allait avec. Les manches étaient trouées de partout et déchirées. Quand au bas, tulle et dentelle faisaient de la jupe courte un ensemble très sexy et féminin. Il enfila ses habits, mit des bottes noires, et appliqua la touche finale. Maquillage et bijoux. Les yeux biens cernés de noir, un collier en tour de cou avec un rosaire finement sculpté et des bagues un peu sur tous les doigts. La dernière fois qu'il avait sorti cette tenue, c'était pour sa première rencontre avec son ex, homme qu'il avait aimé et qui l'avait trahi.

Fin prêt, il sortit de chez lui, un sourire de détermination sur le visage. Quand il arriva sur la place du village, la fête battait son plein. Tout le monde était plus ou moins déguisé. Certains portaient juste un masque et d'autres avaient la tenue complète.

Bill avança comme un félin vers la foule. Démarche gracieuse, balancement des hanches, port haut, on aurait dit une fille. En passant devant les premiers habitants il croisa leurs regards étonnés et interrogateurs. C'est vrai qu'il fallait deviner qui se cachait sous ses habits.

Arrivé derrière Tom, il souffla doucement sur son oreille. Le blond se retourna brusquement, surpris. Ses yeux scannèrent la personne devant lui qui lui tendait une main et lui montrait la piste de danse. Un sourire se dessina sur ses lèvres et il mit sa main dans celle de Bill et alla danser.

Mais le brun avait bien vu que Tom ne savait pas avec qui il dansait. Pensait il être avec une fille ? Alors qu'en fait c'était un garçon ...
Plus ça allait et plus le dréadé se laisser emporter par le jeu de Bill et ce sans s'en rendre compte.

Face à face, Bill commença à se déhancher sur la musique, mouvant son corps d'une façon très spéciale, propre à lui, mais terriblement excitante. Les yeux plantés dans ceux du blond, une langue mutine sortant par moment, tout pour l'aguicher.

Tom finit par poser ses mains sur sa taille et se colla un peu à lui. Ils dansaient langoureusement, s'excitant mutuellement. Ils avaient chaud, de par l'ambiance et la température extérieure.

Au bout d'un certain moment, ils se stoppèrent. Tom ne savait toujours pas à qui il avait affaire, Bill en était certain et il jubilait. Surtout en sentant une érection se coller à ses fesses alors qu'ils sortaient de la piste de danse pour aller vers le bar. Ils prirent un verre et en remarquant à quel point Tom le dévorait du regard, Bill éclata de rire, n'en pouvant plus.

« Ben alors on louche sur son pote !! » S'exclama t'il en donnant une tape dans son dos. « Rah Tom, t'es bi c'est sur là. »

L'autre écarquilla les yeux. Apparemment il n'avait pas pensé une seule seconde à un mec et encore moins à Bill.

« Mais tu sais », chuchota-t-il, « tu danses très bien et c'était très ... hum ...alléchant. »

Et tout en disant les derniers mots il donna un coup de langue sur le lobe de l'oreille et serra dans sa main l'érection déjà bien gonflée, avant de disparaître sans prévenir.

Le lendemain, quand il distribua son courrier, contenant de nouveau une lettre de ce fameux John, Bill rigola. Au poids, ça devait être les revues de la semaine. Apparemment Tom s'était trouvé un ami dans la capitale qui lui envoyait les magasines.

Arrivé devant chez lui, étrangement le blond n'y était pas. Il sonna et quand une tête toute rouge apparue, il éclata de rire. Le souffle court, les dreads dans tous les sens, le pantalon tombant à moitié et une érection bien voyante, il devina facilement ce qui se passait.
Il lui donna son courrier, un sourire taquin sur les lèvres.

« Tu arriveras peut-être à te finir avec E.m@le et Out. Tu crois qu'il y aura Illico ? Parce qu'il ne parait que tous les quinze jours et je sais pas moi ce que tu as reçu. T'en penses quoi ? »

Tom se raccrocha à sa porte. Il semblait surpris du comportement de son nouvel ami.

« Bon écoute j'avais pleins de choses à te dire mais je dois faire quelque chose avant de reprendre le boulot. Alors à plus. »

Il embrassa rapidement le blond sur la joue et courut jusqu'à son vélo avant de se mettre à pédaler comme un fou. En fait si il était parti aussi rapidement, c'est que quelques secondes de plus et il lui sautait dessus et lui faisait subir les pires outrages. Depuis qu'il savait que Tom avait viré sa cuti, il avait de plus en plus de mal à se contrôler. Le jeune homme l'attirait depuis le début et résister devenait difficile.

Une fois ses pulsions passées, il se rendit à la petite supérette pour faire quelques courses. En effet, il avait remarqué qu'il lui manquait beaucoup de choses, pour notamment se nourrir. Un panier sous le bras, il avança dans les rangées.

Le clocher sonna quatorze heures et il sursauta. Il ne pensait pas avoir passé autant de tant à se calmer. Reprenant le travail dans tout juste une demi heure, il se hâta de se rendre au rayon des fruits et légumes.

Et quelle ne fut pas sa surprise en y trouvant Tom, achetant des bananes. Le blond ne l'ayant pas remarqué, il s'approcha en catimini de lui et embrassa brusquement le côté de sa nuque.
Tom se retourna en hurlant.

« Eh bien ! » S'étonna le brun.
« Putain tu m'as fait une de ces peurs !! »
« J'ai vu. »


Bill se pencha par-dessus lui, curieux.

« T'achètes quoi ? Oh des bananes vertes !! C'est vrai que c'est meilleur. C'est plus dur », murmura t'il à son oreille. « Tu trouves pas ? »
« Euh ... si, si. »
« En plus quand on a rien à se mettre sous la dent ça garde en forme. Tu sais c'est comme les sucettes rondes. C'est très bien pour ne pas perdre la main ... langue plutôt. C'est rond, ça roule, comme des boules. »


Aguicheur, provoquant, collé à lui, Bill sortait le grand jeu, surtout avec tous les sous-entendus.

« Et puis les bananes c'est pour ce qu'il y a au dessus. Mais tu sais quand même, c'est mieux en vrai. »
« Bill !! »
« Oui ! »


Sa main s'égarait sur ses cuisses, se rapprochant dangereusement de son entrejambe.
Tom la retira violemment. Plus de rougeur sur les joues, plus de désir dans les yeux, plus de gêne. Juste une sorte d'énervement et de colère.

« Ce soir, tu passes chez moi, faut que je te parle d'un truc. Passe à l'heure que tu veux, même si c'est tard. »

Un peu surpris, Bill acquiesça alors que le blond se dirigeait vers la caisse. Il ne comprenait pas ce revirement de situation. Pourtant tout commençait bien. Il l'aguichait, le narguait, le chauffait. Un jeu d'excitation, de regards et de mains. Il voulait le faire craquer, l'emmener doucement mais sûrement dans ses filets. Un peu de sexe peut-être, et au pire une bonne partie de drague.

Oui, il le draguait. Mais en repensant à ces derniers jours, il ne se reconnut pas. Un peu comme à dix-sept ans, enfant, puéril, inconscient ... toujours des jeux. N'avait il pas mûri ? Gosse perdu qui joue avec les autres, avec le sexe, avec son sexe, déraison puérile, sentiments de noyade et chevauchée d'adultes. Il était redevenu un gamin jouant sans se préoccuper des autres. Seul son plaisir comptait et tant pis si les autres souffraient.

Il laissa tomber ses courses et se rendit à la poste. Tout le reste de l'après midi il n'arrêta pas de penser à son comportement avant et après la révélation de Tom. Plus le même, pas du tout le même. Un adulte posé et un ado joueur. Il se répugnait lui-même. Et il comprenait enfin pourquoi.

Tout simplement la peur de revivre ce bout de passé ...

Parce qu'il était trop sûr de lui avant et ne l'était plus maintenant. Parce qu'il avait perdu beaucoup en un seul jour et refusait de perdre encore. Il était un gagnant, un fort comme il disait petit.

D'apparence fragile, il misait tout sur son caractère. Il savait ce qu'il voulait et la vie ne lui faisait pas peur. Il s'était battu et avait gagné à diverses reprises. Parce qu'il était têtu et borné, ancré sur ses positions et ses convictions. Oui il n'avait pas peur ... jusqu'au jour où une partie de lui s'était effondrée.

Depuis, il croyait s'être remis de cet échec ... illusions débiles, façade et carapace, derrière tout était encore trop fragile.

Et quoi de mieux que jouer un rôle que l'on connaît pour se protéger ? Car il refusait la défaite et la soumission. Après tout, il était encore vierge ... ou du moins il n'avait jamais été dominé. Toujours pris, sans jamais se donner.



[...]



Il était huit heures du soir et voilà presque dix minutes qu'il attendait devant la porte. Que dire ? Que faire ? Pourquoi voulait il le voir ? Il hésitait car il avait pris une décision. Plus de faux semblants avec lui. Il serait ce qu'il était, avec ses faiblesses. Un peu tremblant il sonna et quelques minutes après Tom lui ouvrit.

Il entra dans la maison et posa sa veste sur le portemanteau. Sans déguisement, qu'il soit visible ou pas, c'était dur. C'est à peine si il osait le regarder dans les yeux. Pour y lire quoi ? Du dégoût ? De la pitié ? Non merci !
Le blond l'invita à s'asseoir sur le canapé. Sur la table basse, diverses revues s'étalaient, toutes apportées récemment.

« Bill ça va ? » » S'inquiéta Tom.

Il n'était pas comme ces derniers jours. Redevenu le jeune homme simple et même plus fragile qu'avant, le dréadé semblait étonné.

« Oui. »
« T'es sûr ? T'es pâle. »
« C'est rien. »
« Bon. Je ... tu sais si je voulais te parler ce soir c'est ... »


Il se gratta un peu la tête, la nervosité se lisant sur son visage.

« Tu vois maintenant j'en suis sûr. Tout ce que tu vois là, sur la table, j'aime. Vraiment. J'ai toujours vécu ici et on peux pas dire que l'homosexualité soit répandue. Je ne savais même pas que ça existait jusqu'à ce que j'aille en ville pour mes études. J'ai jamais été dégoûté mais pour moi j'étais hétéro. Enfin j'ai jamais eu d'expériences avec un mec et pour moi j'en aurais jamais eu. Mais ... quand t'es arrivé. Roh c'est pas facile à dire ces trucs là. Ben je sais pas trop ce qui s'est passé mais tu m'as attiré. J'étais vraiment attiré par toi. Mais je ne savais pas si j'étais vraiment en train de changer de bord ou pas. Et puis en discutant sur Internet avec des personnes bi ou gays, ben je me suis rendu compte que je l'étais. Et maintenant je l'assume. Et ... ben en fait si tout ça est arrivé, c'est ... que tu me plais ! »

Il se laissa tomber sur un pouf, la tête entre les mains.
Bill avait deviné, il avait compris et il comprenait aussi la difficulté qu'il pouvait avoir à le dire.

Quand il avait dû annoncer à ses parents qu'il était gay, ça n'avait pas été la joie. Il s'était fait insulter de tous les noms et même frapper par sa mère. Son père, lui n'avait pas eu de réelle réaction. Il l'avait foutu à la porte et ne lui avait plus jamais parlé.

Mais après tout, il s'en moquait. Avant même de leur dire il savait ce qui adviendrait de lui. Et il s'y était préparé. Seul, il s'était battu, imposé et avait vécu pleinement sa sexualité. Pour rien au monde il n'aurait changé. Parce que c'était lui, il était lui.

Et il comprit enfin que ça n'avait pas dû être facile pour Tom tous les jours, surtout en ayant un ami qui lui faisait du rentre dedans.

Bill se mit à s'excuser de son comportement. Tout devenait plus clair. Il voulait Tom, plus que tout. Et lorsqu'il avait eu cet espoir presque enfantin d'avoir une chance avec lui, il avait tout fait pour l'attirer vers lui. Pas une seule seconde il n'avait pensé être la raison de ce retournement de situation, de cette soudaine attirance pour les personnes du même sexe.

Et puis la peur de revivre son dernier enfer avait pris le dessus, se mêlant à son envie, à son désir. Il était devenu un être manipulateur, odieux, tout ça parce qu'il était têtu et ne changeait jamais ses positions.

Et pour que Tom comprenne tout ça, il devait lui expliquer de nombreuses choses.

Il passa le reste de la soirée à lui raconter ses dernières années, comment il avait affronté le monde tout seul, comment il avait voyagé de corps en corps avant de tomber amoureux et au final être jeté. Il avait parlé de lui, de son caractère, de ses peurs, de ses envies. Il s'était dévoilé et Tom en avait fait autant.

Ce n'est que vers quatre heures du matin que la discussion s'arrêta, trop fatigués pour continuer.

« Je ... je crois que je vais rentrer chez moi », dit Bill en baillant.
« Reste ici. »
« Gné ? »
« Reste dormir ici. »
« Euh ... »
« Tu dors dans mon lit et je vais sur le canapé. »
« Je ... »


Mais il n'eut pas le temps de protester qu'il se retrouva allongé dans le lit de Tom qui le bordait avant de sortir de la pièce. Lentement il ferma les yeux et s'endormit aussitôt. Beaucoup de choses s'étaient passées en un soir.

Une main le secouait et il sentait qu'on l'appelait. Il ouvrit un oeil et analysa la situation. Il était dans la chambre de Tom et ce dernier lui demandait de se réveiller.

Un sourire vint illuminer son visage et il enroula ses bras autour du cou du blond qui tomba à la renverse. Parfaitement réveillé, Bill roula et se retrouva au dessus de Tom qui rougissait.

« Bonjour. »
« Bon ... jour. Tu ... tu vas être en retard. »
« Tu as bien dormi ? »
« Euh ... oui. »


La situation était plutôt embarrassante, que ce soit pour l'un comme pour l'autre. Bill, les mains de part et d'autre du visage du dréadé, se pencha et nicha son visage dans son cou.

« Tu sens bon », murmura t'il.
« Mer ... ci. »
« Excuse moi de ce que je vais dire mais ... j'ai envie de toi. »


Et pour appuyer ses dires, il pressa son érection contre la cuisse de Tom.

« Bill, j'ai ... tu sais que jamais ... je ... »

Le brun se releva un peu pour mettre son visage en face de celui de Tom.

« Je sais. J'avais juste envie de le dire. Mais tu sais comment je suis et ... quand je veux quelque chose ... »
« Tu finis toujours par l'avoir »
, finit le blond.
« Farpaitement ! L'est quelle heure au fait ? »
« Huit heures moins le quart. »


Aussitôt Bill se leva complètement en paniquant. Il allait encore être en retard. Tom lui proposa alors d'utiliser sa salle de bain et lui prêta des habits. Voir Bill Kaulitz, fan des vêtements moulants, porter un t-shirt large et un baggy était assez drôle. Bien sûr il se fit charrier par ses collègues qui reconnurent sans mal les vêtements de Tom.

Le soir même, alors qu'il ramenait ses affaires au blond, il se demanda si il avait alors une chance de sortir avec lui. Et il eut rapidement sa réponse. Alors qu'il arrivait devant la maison de Tom, ce dernier, dans son jardin, arrêta de bronzer et s'avança vers lui.

Ses habits retrouvés, il posa ses lèvres sur celles de Bill qui ne réagit pas sur le coup. Mais se reprenant bien vite, il recolla sa bouche contre celle rouge et pulpeuse du blond et l'embrassa avec plus de fougue.
Deux jours après tout le monde dans le village était au courant pour eux.

Après avoir éclairci toutes les zones d'ombres, une relation un peu branlante s'installa. Pour Tom c'était la première fois qu'il était avec un homme et Bill ... Bill avait encore du mal à s'y faire, à retrouver goût à l'amour.

C'est pourquoi, en deux semaines, il n'y avait rien eu de sexuel. Des baisers et c'était tout. Quand ce n'était pas Tom qui avait du mal, c'était Bill. Mais jamais les deux ne s'étaient sentis assez à l'aise et en confiance en même temps pour passer le pas.

Jusqu'à ce soir ...

Bill était lové dans les bras de Tom sur le canapé, sa tête nichée dans son cou. Cela faisait presque une semaine qu'il en avait envie. Mais Tom n'était pas sûr de lui et refusait toujours. Seulement, les hormones de Bill n'en pouvaient plus.

Il commença à déposer de multiples baisers sur la peau offerte, la faisant frissonner. Ses mains glissèrent sur le ventre et soulevèrent légèrement le t-shirt. Tom se tourna vers le brun et l'interrogea du regard. Pour toute réponse, Bill le renversa sur le canapé et se mit à califourchon sur lui. Lentement, tout en se léchant les lèvres, il se rapprocha du torse du blond et lui chuchota :

« J'ai trop envie de toi. J'en peux plus. Je te veux, je t'aurai et maintenant. »

Violemment il se mit à l'embrasser et à sa plus grande surprise Tom se laissa faire. Et quand il sentit ses mains un peu rugueuses s'aventurer dans son pantalon, sur ses fesses, il comprit qu'enfin il était prêt.

Rapidement les vêtements du dréadé volèrent un peu partout et les corps se retrouvèrent par terre. Mais tout ce qui comptait c'était leurs envies.

Un peu timide, Tom n'osait pas trop toucher son amant, surtout aux endroits intimes.
Il ferma les yeux lorsqu'il vit Bill commencer à se déshabiller.

« Ouvre les yeux ... Regarde-moi », lui dit Bill.

Etendu, offert, il ouvrit les yeux et regarda Bill se déshabiller avec sensualité, faisant courir ses mains sur son propre corps avec un plaisir non feint. La gêne initiale de Tom commençait à disparaître avec la fascination qu'il ressentait à observer ce corps tentateur.

Puis son amant s'allongea contre le corps nu de Tom et tous deux gémirent quand leurs douces chairs se rejoignirent.
Tom chercha avidement la bouche du brun pour prolonger leur moment d'intimité et sceller leur union. Longuement, ils s'enlacèrent, profitant de la douceur de leurs chairs l'une contre l'autre.

Bill fit courir sa bouche sur le torse de Tom, le léchant et le mordillant doucement, écoutant ses soupirs pour découvrir ses préférences. Tom enfouit avec bonheur ses doigts dans la chevelure soyeuse, fasciné par le spectacle de la bouche du jeune homme sur son corps.

Ce dernier s'attarda sur le creux de sa clavicule, faisant sourire le blond. Puis il descendit vers le nombril, la langue aventureuse, et frotta son visage contre son ventre, arrachant de petits soupirs à Tom.

Lorsque enfin il arriva à nouveau sur son sexe, faisant remonter lentement sa langue tout le long de sa verge, Tom se cambra et resserra l'emprise de ses doigts dans les mèches brunes. Le désir était trop violent, il sentait qu'il allait jouir si Bill accentuait encore ses caresses buccales. Il ne retenait plus ses gémissements ni ses mouvements de hanches, souhaitant et redoutant à la fois le flot de plaisir qui allait l'emporter.

A ce moment Bill releva la tête vers lui et le darda de son regard sombre, tout en passant ses doigts entre ses fesses. Tom se crispa immédiatement. Bill lui sourit :

« Sshh. Laisse toi faire. N'aie pas peur. »
« Je ... Je ne suis ... »
« Ça va aller. »
« Non, non !! »


Tom commença à reculer pour s'éloigner de lui. Finalement il n'était pas prêt.

« Je ne te plais pas assez ? »
« C'est pas ça Bill. C'est juste que ... désolé. »


Le brun se replaça au dessus de lui, à quatre pattes, une lueur de défi dans les yeux.

« Je t'avais prévenu », lui murmura t'il. « Je suis très, très têtu. »
« Bill ... »


Il attrapa la main de Tom et se mit à lécher sensuellement les doigts comme il l'avait fait auparavant avec son sexe. Puis il la guida jusqu'à ses fesses, en lui intimant d'y aller.

Tom comprit ce qu'il attendait de lui et immisça un premier doigt en lui. Puis un second et un troisième. Bill avait mal, horriblement mal. Mais il savait qu'un jour ou l'autre il devrait le faire. Et il voulait que ce soit Tom.

Bien préparé, il ancra son regard dans celui du blond, attrapa la verge tendue d'une main et la dirigea vers son intimité pour s'y empaler. Lentement le sexe de Tom entra en lui.

Une fois au plus profond de Bill, il gémit alors que le brun tentait de reprendre sa respiration. Il haletait, essayant de chasser le déchirement intérieur qui lui vrillait les entrailles.

« Bill ça va pas ? »
« C'est ... rien. Je ... dois juste ... m'habituer. Je ... jamais ... j'ai jamais. »
« Mais t'es malade !! Tu me dis que tu ne l'as jamais fait et tu y vas presque comme un bourrin. »
« C'est rien, ça va passer. »
« Mais tu as mal, je veux pas. Je veux pas que tu aies mal. Arrête ça, je vois bien que tu souffres. »


Tom alla pour tenter de se retirer mais Bill l'en empêcha. Il plaqua ses mains sur son torse et le maintint au sol.

« Est-ce ... est-ce que c'est un crime de vouloir ... coucher avec toi ? » demanda t'il alors qu'une larme coulait sur sa joue et s'écrasa sur le torse du blond.

Ce dernier essuya les quelques larmes qui coulaient des yeux de son amant, dans un geste tendre.

« Non. Mais comme ça ... »
« Tu n'étais pas prêt. Moi je le suis. Alors laisse moi faire. Je veux qu'on fasse l'amour. Juste ça. Mais s'il te plait, ne me laisse pas », sanglota-t-il.
« Promis. Je reste d'accord ? Je reste. »

En essayant de ne pas faire mal à Bill, Tom se releva et enlaça le brun, tout en parcourant son visage de petits baisers. Puis, tout en le tenant fermement dans ses bras, il bascula en avant, surveillant les traits crispés de Bill.

Ce dernier toucha le sol avec son dos et se détendit. Tom était si tendre avec lui qu'il avait du mal à réaliser cela. Il l'embrassa fougueusement et, sans vraiment faire attention, bougea le bassin.

Tom le suivit, allant doucement, scrutant avec attention le visage sous lui qui éprouvait maintenant du désir. Les gémissements se firent plus forts et bientôt les coups de reins devinrent plus violents.

« Caresse moi », gémit Bill.

Tom obéit et posa sa main sur la verge de son amant, ce qui l'excita encore davantage, chose qu'il aurait crue impossible tellement les sensations étaient déjà intenses.

Il s'enfonça encore plus en Bill qui criait son plaisir sans retenue. La sueur rendait leurs corps moites et ils glissaient agréablement l'un contre l'autre.

Bill poussa alors un gémissement rauque et ferma les yeux, au comble du plaisir. Voyant l'extrême jouissance se peindre sur les traits de son amant, Tom sentit une vague violente l'emporter tandis que la semence de Bill giclait sur son ventre.

Il se laissa tomber contre lui, épuisé, et enfouit son visage dans son cou, retrouvant ainsi la subtile odeur qu'il aimait tant.

Bill restait immobile, les yeux fermés, et Tom se demanda la cause de cette soudaine immobilité.

« Bi ... ill ? »

Le brun se releva un peu et sortit de sous ses fesses un magasine.

« Mon têtu !! » Pleurnicha-t-il.

Les feuilles déchirées, mouillées, la revue ne ressemblait plus à rien, surtout certaines pages où un brun posait d'une façon lascive.
Tom le jeta à l'autre bout de la pièce et se recolla contre Bill.

« M'en fou je t'ai en vrai maintenant », lui murmura-t-il. « Et t'es mieux en vrai que sur papier. »
« Oui mais ... je m'aimais bien moi !! »
« Moi aussi je t'aime. »


Un silence s'installa entre les deux hommes. Tous deux avaient les joues rouges.

« Idem », répondit Bill, extrêmement mal à l'aise.

Tom avait compris. Bill l'aimait mais le dire était autre chose, surtout après son passé. Mais ce qu'il ignorait, c'est qu'il n'était pas le seul à être têtu et il arriverait un jour ou l'autre à lui faire dire ces quelques mots.

Deux têtus ensemble ... ça allait être comique à la maison !!

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Le petit mot de Sinièn :

Après la nouveauté du TS, je rajoute encore quelque chose, le lemon !!
Et oui voici le premier lemon de la YAC.
Il est y pas tout beau ?

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Merci et bizoux !

# Posté le lundi 19 mai 2008 06:44

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 15:42

OS Twincest - " Touche toi. " / Par KM.

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OS Twincest

" Touche toi. "

Par KM.

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L'idée de shit-x-darling :

Bill & Tom sont frères jumeaux comme dans la vrai vie. Mais ne sont pas des stars ^^
Simple ados. Ils sont donc chacun dans leur chambre naviguant sur le net.
Tom sur les chats comme d'habitude; cherche quelques minettes pour des plans cam.
Bill lui cherche le grand amour - masculin, sur ce même chat.
C'est ainsi que commence un jeu de sexe à la cam entre les deux frères sans que ceux ci ne se reconnaissent...

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# Posté le mercredi 21 mai 2008 16:02

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 15:42